
Le projet saoudien de parcs à Cergy-Pontoise a désormais une existence officielle. La déclaration franco-saoudienne du 25 août confirme l’ambition de Qiddiya d’y créer une destination mêlant plusieurs parcs, hôtels, culture, sport et loisirs, pour environ 6 milliards d’euros sur l’ensemble du développement. La veille, l’Élysée avait annoncé trois futurs parcs à thème et avancé 22 000 emplois créés. Aucun calendrier n’est encore publié.
Le lieu, lui, se précise. La ville de Courdimanche confirme que le site retenu est celui de l’ancien Mirapolis, situé en partie sur son territoire. Mais la commune dit ne connaître ni le périmètre ni les contours du futur complexe. Mirapolis donne donc un point d’ancrage au projet sans encore permettre de dessiner sa carte.
Le dossier environnemental d’un précédent projet de reconversion permet déjà de mesurer les contraintes du secteur, mais pas de prédire celles de Qiddiya. En 2024, l’ancien site de Mirapolis représentait 30,6 hectares. Une première opération d’une dizaine d’hectares, consacrée notamment à des hébergements touristiques, avait suffi à faire examiner de près les déplacements, les sols, l’eau et la biodiversité.
Les transports montrent déjà la difficulté. Pour cette opération beaucoup plus petite, l’Autorité environnementale relevait que la gare RER de Cergy-le-Haut se trouvait à un quart d’heure à pied, mais que les derniers mètres manquaient de trottoirs, traversées piétonnes et pistes cyclables. L’avenue des Navigateurs supportait déjà environ 19 000 véhicules par jour sur sa partie est. Le dossier prévoyait quelque 600 mouvements routiers supplémentaires pour seulement 682 visiteurs et 60 salariés lors d’une journée type de la première phase.
Ces chiffres ne sont pas transposables aux futurs parcs, dont ni la fréquentation ni l’emprise ne sont connues. Ils montrent en revanche pourquoi une destination internationale ne peut pas être ajoutée au réseau existant comme un équipement ordinaire. Le Département lie déjà l’investissement annoncé à l’amélioration du RER, des bus et des infrastructures routières.
Le PLU approuvé en juillet 2025 classe la partie courdimanchoise de l’ancien Mirapolis en zone UI, dédiée à l’écotourisme, avec notamment des règles liées aux zones humides et aux servitudes d’hydrocarbures. Ce classement n’autorise pas à lui seul le programme Qiddiya : le projet devra respecter les règles applicables à son emprise lorsqu’elle sera connue.
Des familles vivent aussi depuis longtemps sur le site, rappelle Courdimanche, qui demande leur prise en compte dans la suite du dossier. C’est une contrainte foncière et humaine aussi réelle que les routes ou les règles d’urbanisme.
Pour le Val-d’Oise, les 6 milliards annoncés constituent un pari d’une ampleur rare. Sa réussite dépendra de la capacité de Cergy-Pontoise à rendre compatibles un grand équipement touristique, ses transports, ses sols et ceux qui vivent déjà autour de l’ancien Mirapolis.
Sources consultées
- Présidence de la RépubliqueDéclaration commune de la France et de l’Arabie saoudite du 25 août 2026
- Ville de CourdimancheCommuniqué de la ville de Courdimanche
- MRAe Île-de-FranceAvis sur l’opération de construction d’une résidence hôtelière et d’hébergements en co-living dans le cadre du projet de réhabilitation de l’ancien parc Mirapolis
- Ville de CourdimanchePlan local d’urbanisme de Courdimanche, règlement et plan de zonage
- Département du Val-d’OiseTrois parcs à thème vont voir le jour dans le Val d’Oise