
À Louvres, Expo Services International a bien commencé les travaux demandés pour protéger son entrepôt de ses stockages extérieurs. Mais le mur coupe-feu installé reste trop bas : il ne dépasse les objets stockés que d’environ un mètre, au lieu des deux exigés. Le préfet du Val-d’Oise donne désormais quatre mois à l’entreprise, à compter de la notification de l’arrêté du 11 août, pour se mettre en conformité.
ESI occupe au 12 avenue du Noyer à la Malice un entrepôt classé soumis à enregistrement, utilisé pour la logistique de marchandises d’exposition et d’art : maquettes, éléments de stands et matériels destinés à des événements. L’entreprise y possède aussi un atelier de fabrication de caisses en bois. Son entrepôt déclaré sous la rubrique 1510 a un volume de 60 112 m³.
La règle est simple. Les stockages extérieurs susceptibles de favoriser un incendie doivent normalement rester à au moins dix mètres des parois de l’entrepôt. Cette distance peut être ramenée à un mètre avec certaines protections, notamment un mur coupe-feu REI 120 dépassant de deux mètres le sommet des stocks.
Lors de l’inspection inopinée du 17 juin, des blocs de béton de type « Lego » avaient bien été posés entre l’entrepôt et les marchandises extérieures. Ils atteignaient 3,60 mètres. Les objets sous bâche dépassaient, eux, 2,60 mètres : le mur ne les dépassait donc que d’environ un mètre. ESI a expliqué ne pas pouvoir ajouter simplement de nouveaux blocs en raison du toit d’un auvent et s’est engagée à étudier une surélévation par des parpaings.
Cette correction était déjà attendue depuis longtemps. La non-conformité avait été relevée en janvier 2025. En janvier 2026, l’entreprise avait présenté un nouveau devis après n’avoir pas signé le précédent en raison d’un coût jugé trop élevé. Le nouveau devis a finalement été signé le 29 janvier et un ultime délai de trois mois avait été accordé. En juin, les travaux existaient donc, mais ne suffisaient toujours pas. La mise en demeure d’août transforme désormais ces demandes répétées en obligation préfectorale assortie d’un délai de quatre mois. En cas de non-respect, l’arrêté prévoit la possibilité de sanctions administratives et pénales.
La règle elle-même s’inscrit dans le durcissement des prescriptions sur les entrepôts décidé en septembre 2020 après l’incendie de Lubrizol et Normandie Logistique à Rouen. Pour les entrepôts existants concernés, la disposition sur la distance des stockages extérieurs est devenue applicable le 1er janvier 2025. C’est le mois où l’écart a été relevé pour la première fois chez ESI.
Le reste de l’inspection montre une progression plus rapide sur d’autres points. Les voies de circulation à l’intérieur de l’entrepôt avaient été dégagées et matérialisées, permettant de lever une précédente non-conformité. L’inspection a également estimé que les éléments fournis permettaient de lever entièrement la mise en demeure de 2024 concernant la gestion des eaux.
À Louvres, une exigence reste donc à satisfaire : le mur séparant l’entrepôt des stocks extérieurs doit les dépasser de deux mètres.
Sources consultées
- Préfecture du Val-d’OiseArrêté n° IC-26-089 de mise en demeure concernant Expo Services International à Louvres
- Inspection des installations classéesRapport de l’Inspection des installations classées concernant Expo Services International à Louvres
- GéorisquesEXPO SERVICES INTERNATIONAL (ESI)
- LégifranceArrêté du 24 septembre 2020 modifiant les prescriptions applicables aux entrepôts couverts