
À partir du 1er janvier 2027, Cergy-Pontoise ne confiera plus l’exploitation de son service d’eau potable à Cyo, filiale de Veolia. La nouvelle SPL Les Eaux de la Confluence, détenue uniquement par l’agglomération, ses treize communes et le SIARP, reprendra le service. Pour les abonnés, cela signifiera de nouveaux contacts et, selon leur mode de paiement, le transfert de données et d’autorisations de prélèvement.
Mais le changement le plus intéressant est moins visible sur la facture. Cergy-Pontoise reprend la maîtrise de son opérateur sans devenir autonome pour son approvisionnement. En 2024, ses onze points de production ont fourni 2,30 millions de m³. Dans le même temps, le service a acheté 11,33 millions de m³ d’eau en gros. Les achats extérieurs représentaient donc environ 83 % de l’ensemble des volumes produits ou achetés par le service.
Cette dépendance raconte mieux le fonctionnement du réseau que les frontières administratives. En 2024, environ 66 % de l’approvisionnement provenait du Sedif, principalement de l’usine de Méry-sur-Oise, et 15 % de Grand Paris Seine & Oise, via Saint-Martin-la-Garenne. Les forages propres à Cergy-Pontoise représentaient environ 17 %. L’eau distribuée dans le Val-d’Oise dépend donc aussi d’infrastructures et de contrats qui débordent largement Cergy-Pontoise.
La future SPL héritera directement de ces relations. Une convention conclue avec Grand Paris Seine & Oise prévoit que Les Eaux de la Confluence remplacera Cyo dès 2027 pour l’achat d’eau à Saint-Martin-la-Garenne. Le contrat prévoit 2,05 millions de m³ par an dans un premier temps, puis jusqu’à 5,5 millions après la mise en service, prévue à l’horizon 2028, d’une unité de décarbonatation destinée à produire une eau moins dure. Le coût de cet approvisionnement doit alors augmenter par rapport aux conditions actuelles, notamment pour financer ces nouveaux investissements.
L’agglomération présente aussi la SPL comme un outil pour renouveler les infrastructures, protéger la ressource et coopérer avec les territoires voisins. La société reste de droit privé, mais elle est entièrement détenue par des collectivités et peut recevoir directement leurs missions. Le conseil communautaire a confirmé le 30 juin le principe de lui déléguer le service de l’eau potable.
En 2024, ce service comptait 40 790 abonnés pour 216 320 habitants, 11,47 millions de m³ consommés et 1 020 km de réseau en comptant les branchements. L’année 2026 sert à constituer les équipes et les outils capables d’en reprendre l’exploitation sans rupture lorsque le contrat de dix-huit ans avec Cyo prendra fin.
Le retour en gestion publique ne préjuge pas du prix payé en 2027. L’agglomération fixera le tarif de l’eau potable, tandis que l’assainissement et les taxes continueront d’être facturés séparément. Le tarif 2027 et les nouveaux numéros du service client ne sont pas encore publiés.
À Cergy-Pontoise, la reprise publique donnera donc aux collectivités davantage de prise sur le réseau, ses investissements et les contrats qui l’alimentent. Mais chaque matin, une grande partie de l’eau continuera d’arriver de Méry-sur-Oise ou de Saint-Martin-la-Garenne avant de parcourir le réseau jusqu’aux robinets de l’agglomération.
Sources consultées
- Communauté d’agglomération de Cergy-PontoiseSPL « Les Eaux de la Confluence »
- Communauté d’agglomération de Cergy-PontoiseRapport annuel sur le prix et la qualité du service public de l’eau potable, exercice 2024
- Communauté d’agglomération de Cergy-PontoiseConstitution de la Société publique locale Les Eaux de la Confluence
- Communauté d’agglomération de Cergy-PontoiseConvention de fourniture d’eau potable avec Grand Paris Seine & Oise
- Communauté d’agglomération de Cergy-PontoiseEau potable - Principe d’une délégation du service public à la SPL Les Eaux de la Confluence