Article

À Cergy, L’Ensemble en première ligne quand le 115 ne trouve pas de place

En 2025, les demandes au 115 ont augmenté de 4 % dans le Val-d’Oise, mais celles restées sans solution de 27 %. À Cergy, L’Ensemble en absorbe une partie.

Illustration - Accueil social à Cergy

Au 8 rue Francis-Combe, à Cergy, l’accueil de jour de L’Ensemble a enregistré 29 296 passages en 2025. Sa capacité est de 70 personnes simultanément. On y vient pour manger, prendre une douche, laver ses vêtements, déposer des bagages ou rencontrer un travailleur social. Mais le chiffre qui éclaire le mieux son rôle se trouve à l’échelle du Val-d’Oise : sur 89 044 demandes de mise à l’abri adressées au 115 l’an dernier, 60 207 sont restées sans solution. Elles concernaient 7 194 personnes.

L’écart s’est creusé rapidement. Le nombre de demandes n’a augmenté que de 4 % en un an, tandis que les demandes non pourvues ont progressé de 27 %. Dans le même temps, les nuitées hôtelières ont reculé de 4,1 %. Le SIAO 95, qui organise l’orientation vers l’hébergement et le logement dans le département, attribue cette évolution à un plafond de nuitées revu à la baisse en cours d’année et à la première année pleine d’application des critères régionaux de priorisation.

Ces critères donnent la priorité aux situations considérées comme les plus vulnérables, notamment certaines victimes de violences, les femmes enceintes de plus de six mois et les familles avec un nourrisson. Les personnes seules arrivent plus bas dans cette hiérarchie. En 2025, une mise à l’abri a pu être proposée pour 35 % des demandes de ménages avec enfants, contre 23 % pour les personnes isolées.

À L’Ensemble, 59 % du public de l’accueil de jour est constitué d’hommes seuls et 25 % de femmes seules. Les usages de première nécessité progressent : 10 644 douches ont été prises en 2025, soit 26 % de plus en un an, et 10 961 petits déjeuners distribués, en hausse de 20 %. Sur le même site, Espérer 95 gère aussi un centre d’hébergement et de réinsertion sociale de 34 places et une maison relais de 30 places.

En 2025, la maraude sociale d’Espérer 95 a réalisé 77 % de ses interventions à Cergy, notamment autour de la zone Francis-Combe, décrite par l’association comme un point important d’errance. À l’échelle du département, le manque de solutions d’hébergement se concentre ainsi dans quelques rues et quelques équipements.

Un accueil de jour ne crée pas les lits qui manquent. Il maintient en revanche un point de contact lorsque la mise à l’abri échoue : manger, se laver, laisser ses affaires, faire une démarche, être orienté. Rue Francis-Combe, les limites du système départemental continuent ainsi de se compter en passages, en repas, en douches et en entretiens sociaux.

Sources consultées
  1. ESPERER 95Rapport d’activité 2025
  2. SIAO 95Le « cadre unifié » des SIAO en Île-de-France : vers une meilleure prise en charge des personnes sans abri
  3. SIAO 95Amélioration de l’accueil et du parcours résidentiel des ménages