
La Maison du docteur Gachet rouvre samedi 8 août à Auvers-sur-Oise avec une exposition consacrée à la gravure pratiquée entre ses murs. Jusqu’au 1er novembre, dessins, estampes et témoignages retraceront l’activité de l’atelier fréquenté par Gachet, Pissarro, Cézanne, Guillaumin et Blanche Derousse. Une presse à bras est conservée au premier étage ; l’atelier historique avait été aménagé sous les toits.
Paul Gachet achète cette maison de campagne en 1872 et y aménage un atelier. Dès l’été suivant, il grave avec Camille Pissarro et Paul Cézanne. Armand Guillaumin les rejoint le dimanche. On dessine sur une plaque, on la creuse, on l’encre, puis on soulève la feuille après son passage sous la presse.
La technique exige du matériel, mais surtout des gestes qui s’apprennent et se partagent. Les artistes signent même leurs planches de petits emblèmes : un canard pour Gachet, une fleurette pour Pissarro, un chat pour Guillaumin, un pendu pour Cézanne. Dans cette maison, l’impressionnisme apparaît moins comme une succession de génies isolés que comme un travail d’atelier, nourri par les passages entre Paris et la vallée de l’Oise.
Van Gogh fréquente lui aussi la maison au printemps 1890. Le 25 mai, il réalise le portrait gravé du docteur Gachet, la seule eau-forte connue de sa main. La plaque de cuivre est aujourd’hui conservée au musée d’Orsay.
Le parcours redonne également une place à Blanche Derousse. Née en 1873, cette peintre, aquarelliste et graveuse suit l’enseignement artistique de Gachet, copie des œuvres de sa collection et compose ses propres images. Elle expose à Pontoise puis au Salon des indépendants, mais meurt à 37 ans. Sur son acte de décès, la mention « couturière » contraste avec son activité attestée de peintre et de graveuse.
Le salon, la cuisine et le jardin continuent de raconter la famille Gachet et le séjour de Van Gogh. Le nouvel accrochage ramène l’attention vers les plaques, l’encre et la presse, là où l’art se fabriquait à plusieurs.
La maison, située au 78, rue Gachet, est ouverte du mercredi au dimanche, de 10 h 30 à 18 h 30. La visite libre coûte 5 euros pour un adulte, audioguide compris. Des visites guidées sont proposées le week-end à 11 heures, 15 heures et 16 heures, au tarif de 8 euros. Les visiteurs peuvent réserver leur créneau auprès de la billetterie départementale.
À Auvers, il faudra donc quitter un instant les tableaux et le jardin pour monter jusqu’à la presse à bras.