
Domont cherche désormais l’équipe qui dessinera son futur cinéma municipal. Le programme prévoit trois salles totalisant 450 places et un parking silo, sur un terrain communal d’environ 3 500 m² avenue Jean-Rostand. Le conseil municipal a retenu une enveloppe prévisionnelle de 6,25 millions d’euros hors taxes, soit 7,50 millions d’euros TTC, pour le bâtiment et le parking. L’ouverture est envisagée en juin 2030. Pour l’instant, le chantier n’a pas commencé : le concours de maîtrise d’œuvre vient seulement d’être lancé.
Le projet remonte à 2015. En 2021, la municipalité a racheté au diocèse les murs de L’Ermitage, son cinéma mono-écran de l’allée Sainte-Thérèse, pour 775 000 euros afin d’éviter la disparition de la salle pendant la préparation du nouvel équipement. En septembre 2025, l’ouverture du complexe était encore annoncée au plus tard en 2028. Le programme adopté en juin 2026 repousse désormais cet horizon de deux ans.
La commune justifie ce changement d’échelle par les limites de L’Ermitage. Sa fréquentation annuelle oscille aujourd’hui entre 25 000 et 30 000 entrées, contre 50 000 en 2016, selon les chiffres présentés au conseil municipal. La Ville estime que le bassin local pourrait en générer entre 73 000 et 81 000, sans publier dans la délibération la méthode de ce calcul. Elle met en cause la faible visibilité de la salle actuelle, son accessibilité et le coût des travaux à prévoir dans un bâtiment vieillissant.
Avec trois écrans, le cinéma pourrait conserver un film populaire à l’affiche tout en programmant une œuvre d’auteur ou une séance destinée aux écoles et aux associations. Des séminaires et des locations événementielles doivent compléter les recettes. Cette souplesse réduirait la dépendance de l’établissement au succès d’un seul film chaque semaine.
Les murs resteront municipaux, mais la Ville ne compte pas exploiter elle-même le cinéma. Elle prendra en charge le bâtiment, tandis qu’un délégataire financera les aménagements cinématographiques intérieurs, assurera la programmation et assumera le risque commercial pendant dix à treize ans. La commune conservera la maîtrise des tarifs et pourra imposer des actions destinées aux établissements scolaires, aux associations et au cinéma d’art et d’essai. Selon le calendrier municipal, la procédure de sélection de cet opérateur, lancée au début de 2026, doit aboutir avant la fin de l’année.
Le projet organise l’avenir du cinéma domontois, mais la commune doit encore maintenir des séances pendant près de quatre ans. Dans une délibération publiée en juillet, elle indique que l’association exploitant L’Ermitage est engagée dans une procédure de liquidation judiciaire en raison de dettes et d’une cessation des paiements. Le mandataire judiciaire avait conclu en avril à l’absence de perspective de redressement. La Ville a lancé une nouvelle mise en concurrence pour organiser la reprise de la salle si l’association ferme définitivement. Avant les trois écrans de l’avenue Jean-Rostand, la continuité du cinéma domontois se joue donc toujours allée Sainte-Thérèse.
Sources consultées
- Commune de DomontProjet de construction du complexe cinématographique et culturel municipal de trois salles, délibération DEL-2026-062
- Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis n° 26-71259, concours de maîtrise d’œuvre pour le cinéma et le parking silo de Domont
- Commune de DomontProjet de délégation de service public pour l’exploitation d’un nouveau complexe cinématographique, délibération DEL-2025-076
- Commune de DomontFixation des tarifs du cinéma L’Ermitage, délibération DEL-2026-092