Article

À Montmorency, le retour rue du Try reste sans calendrier public

Dix-huit mois après l’évacuation de 143 habitants, le retour rue du Try dépend encore d’un chantier géotechnique partagé entre deux copropriétés.

Illustration - Immeubles sur un coteau instable

Le 13 janvier 2025, 143 habitants de Montmorency ont dû quitter leur logement en pleine nuit. Le glissement de terrain menaçait le bâtiment B de la résidence Panoramique, au 1-3 rue du Try, ainsi que le bâtiment 40 et la maison 42 de la résidence des Parcs de Montmorency, en contrebas. Au total, 77 logements ont été interdits d’usage. Un an et demi plus tard, Le Parisien rapporte qu’une résidente de 76 ans n’a toujours pas regagné son appartement.

Le témoignage n’est pas le seul signe que l’évacuation s’est installée dans la durée. Le 20 avril 2026, la Ville a renouvelé pour un mois la mise à disposition d’un logement municipal à une habitante, en invoquant le « besoin urgent d’hébergement » causé par les glissements et l’interdiction d’habiter.

Le blocage tient d’abord à la forme du sinistre. Il ne suffit pas de réparer une façade ou de consolider un balcon. Les arrêtés municipaux ont demandé de surveiller les mouvements du sol, de mesurer les eaux souterraines, d’inspecter les réseaux enterrés et de détourner les eaux pluviales. Un diagnostic géotechnique devait déterminer les causes du glissement, puis des études distinctes concevoir les soutènements capables de stabiliser le haut et le bas du coteau sans provoquer de nouveau mouvement. L’arrêté demandait que les travaux prescrits commencent au plus tard le 30 octobre 2025.

Ce calendrier n’a pas été actualisé publiquement. Au 2 août 2026, la page municipale ne publie, pour ce site, ni nouvel arrêté après celui du 26 août 2025 ni mainlevée de l’interdiction. L’arrêté précise que le retour ne peut être autorisé qu’après l’exécution des mesures d’urgence et l’avis d’un expert judiciaire.

Le décalage vient aussi du partage des responsabilités. La commune peut évacuer, interdire l’accès et prescrire des études. Elle peut même se substituer à des propriétaires défaillants, puis tenter de récupérer les sommes engagées. Mais la stabilisation doit être coordonnée entre les deux copropriétés, leurs syndics, les bureaux d’études, les entreprises et l’expert judiciaire. La mairie peut fermer les portes. Elle ne dirige pas seule les travaux qui permettront de les rouvrir.

Cette crise a déjà coûté environ 200 000 euros à la commune en 2025, entre expertises, frais juridiques et fonds de soutien. Un fonds exceptionnel de 50 000 euros avait notamment été confié au centre communal d’action sociale. Ces sommes ne représentent pas le coût de réparation des copropriétés, qui n’a pas été rendu public.

L’évacuation de janvier 2025 répondait à un risque documenté. Dix-huit mois plus tard, l’absence d’un état public des travaux laisse les résidents encore empêchés de rentrer sans date de retour annoncée. Rue du Try, les portes ne pourront rouvrir qu’après la stabilisation du coteau et l’avis de l’expert judiciaire.

Sources consultées
  1. Ville de MontmorencyCréation d’un fonds de solidarité en faveur des sinistrés des résidences Panoramique et des Parcs de Montmorency
  2. Ville de MontmorencyURBA 2025-212, arrêté municipal de mise en sécurité avec interdiction d’habiter
  3. Ville de MontmorencyDécisions et arrêtés
  4. Ville de MontmorencyRenouvellement de la convention d’occupation à titre précaire de Madame Allou Teriki
  5. Ville de MontmorencyRapport d’orientations budgétaires 2026
  6. Le Parisien« J’erre d’appartement en appartement » : le calvaire d’une habitante évacuée de la copropriété maudite de Montmorency