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Forêt de Montmorency : Plaine Vallée et Val Parisis suspendent leurs financements à l’ONF

Plaine Vallée et Val Parisis gèlent leurs contributions à l’ONF. Le conflit révèle qui finance l’accueil du public et qui décide des coupes dans une forêt d’État.

Illustration - Coupe forestière à Montmorency

Les présidents de Plaine Vallée et de Val Parisis ont annoncé la suspension des financements versés à l’Office national des forêts. La décision est présentée comme soutenue par les 33 maires des deux intercommunalités. Ils demandent un moratoire sur les coupes rases en forêt de Montmorency. Le montant global atteint près de 55 000 euros, selon Le Parisien. La part de Val Parisis, documentée par une délibération, s’élève à 30 561 euros par an.

Mais cet argent ne donne pas aux maires le pouvoir d’arrêter un chantier forestier. La forêt domaniale appartient à l’État et l’ONF en conduit la gestion sylvicole. Les contributions locales paient surtout ce que les promeneurs voient et utilisent : entretien des sentiers, aires d’accueil, mobilier, information et sécurisation des accès.

La convention conclue en 2024 entre l’ONF, le Département et cinq intercommunalités prévoit un comité de pilotage associant les élus. Une délibération adoptée en avril 2026 par la communauté de communes du Haut Val-d’Oise rappelle des engagements de l’ONF en faveur de la futaie irrégulière et de l’exclusion des coupes rases. La suspension financière traduit donc moins un désaccord comptable qu’une rupture de confiance dans la concertation.

L’ONF dispose néanmoins d’un argument sanitaire solide. Le massif couvre environ 1 970 hectares et le châtaignier représente 70 % de ses peuplements. Plaine Vallée estimait en 2024 que plus de 500 hectares étaient atteints par la maladie de l’encre, un pathogène qui détruit les racines et peut condamner des arbres encore verts en apparence.

Pour l’établissement public, les coupes rases restent minoritaires et réservées aux parcelles gravement malades. Elles doivent retirer les arbres dangereux, accélérer le renouvellement et permettre la plantation d’essences plus résistantes, comme les chênes, érables, tilleuls ou alisiers. Les élus ne défendent donc pas une forêt laissée sans intervention. Ils contestent la taille des trouées, le rythme des opérations et le recours à une méthode que les documents du partenariat annonçaient vouloir écarter.

Le classement de 2 154 hectares en forêt de protection au printemps ne leur donne pas de droit de veto. Ce statut bloque l’urbanisation et les changements d’usage du sol. Il n’interdit pas les coupes prévues dans la gestion d’une forêt domaniale. Une forêt peut donc être protégée contre le béton tout en voyant une parcelle presque entièrement abattue lorsqu’elle est jugée trop malade.

Le gel des financements est donc un levier politique, pas un ordre adressé aux forestiers. Il accroît la pression sur l’ONF pour justifier les coupes rases malgré les engagements de gestion plus progressive inscrits dans les documents du partenariat. Désormais, chaque nouvelle coupe rase en forêt de Montmorency sera aussi un test de la concertation entre l’ONF et les collectivités.

Sources consultées
  1. Maxime ThoryEn forêt de Montmorency, l’ONF veut poursuivre les coupes rases
  2. Communauté d’agglomération Val ParisisDélibération D_2024_068 relative à la convention de partenariat pour les forêts domaniales
  3. Communauté d’agglomération Plaine ValléePCAET 2024-2029, plan d’actions
  4. Office national des forêtsLa sauvegarde des forêts d’Île-de-France au cœur de la gestion de l’ONF
  5. DRIAAF Île-de-FranceLa forêt de Montmorency est classée en forêt de protection par décret du 30 mars 2026
  6. Le ParisienPourquoi 33 maires du Val-d’Oise suspendent leurs subventions à l’ONF