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À Méry-sur-Oise, toute l’eau sera bientôt filtrée par membranes

À partir de juillet 2026, le SEDIF engage 30 millions d’euros à Méry-sur-Oise pour mieux filtrer l’eau destinée à près de 900 000 Franciliens.

Usine de traitement de Méry-sur-Oise

Le SEDIF prévoit l’ouverture progressive, à partir de juillet 2026, du chantier de filtration membranaire de Méry-sur-Oise. Environ 30 millions d’euros seront investis dans l’usine, avec une mise en service attendue fin 2027. Les équipements seront installés dans les bâtiments existants, sans nouveau hall ni extension du site.

Méry-sur-Oise ne découvre pas les membranes. L’usine utilise la nanofiltration depuis 1999, une première mondiale à cette échelle pour traiter l’eau d’une rivière. Mais ses deux filières fonctionnent encore en parallèle : le traitement biologique classique produit environ 30 % du débit, la filière membranaire le reste, puis les deux eaux sont mélangées.

Le chantier va réunir ces circuits. Les deux prétraitements alimenteront une unité membranaire agrandie, capable de recevoir toute la production de l’usine. Les membranes actuelles, arrivées en fin de vie et dont le modèle n’est plus commercialisé, seront remplacées par une combinaison de nanofiltration et d’osmose inverse basse pression. Le nouveau dispositif doit retenir davantage de métabolites de pesticides, de résidus médicamenteux et de PFAS sans produire une eau trop déminéralisée.

L’eau produite aujourd’hui respecte déjà les normes sanitaires : les contrôles réalisés en 2025 concluent à une conformité bactériologique de 100 %. Le projet vise à mieux retenir des contaminants que les traitements actuels éliminent moins bien et à produire une eau moins calcaire. Il pourrait aussi permettre de réduire encore le chlore dans le réseau.

L’échelle dépasse largement Méry-sur-Oise. L’usine produit environ 165 millions de litres par jour et alimente près de 900 000 personnes selon le SEDIF. En situation habituelle, son eau dessert notamment Auvers-sur-Oise, Taverny, Eaubonne, Montmorency, Sarcelles et Argenteuil, puis atteint aussi Bezons, Houilles et Sartrouville. Une infrastructure val-d’oisienne alimente ainsi des robinets jusque dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine.

Les 4 euros supplémentaires par mois avancés par le SEDIF ne correspondent pas au seul chantier de Méry-sur-Oise. Ce chiffre concerne le programme complet des trois grandes usines, chiffré à 1,07 milliard d’euros hors taxes et dont l’achèvement est prévu autour de 2032. Le syndicat estime l’augmentation à 40 centimes par mètre cube, soit 4 euros mensuels pour un foyer consommant 10 000 litres. Cette hausse serait répartie sur l’ensemble du programme jusqu’en 2032, et non appliquée d’un bloc en juillet 2026.

Cette filtration consommera davantage d’électricité. La consommation de Méry doit augmenter d’environ 8 %, de 56 000 à 60 000 MWh par an. Les substances arrêtées par les membranes seront par ailleurs concentrées dans des effluents : la commission d’enquête a demandé une solution durable pour mieux les traiter avant leur rejet dans l’Oise, ainsi qu’un effort plus ambitieux contre les pollutions produites en amont.

Le remplacement des membranes était devenu indispensable. Le SEDIF en profite pour renforcer le traitement de toute la production, mais cette réponse industrielle ne dispense pas de réduire la pollution des rivières. La première échéance du vaste programme francilien se jouera donc à Méry-sur-Oise, dans les bâtiments qui filtrent déjà l’eau de l’Oise depuis 1999.

Sources consultées
  1. SEDIFEau pure : avis favorables pour les consultations de Méry et Choisy
  2. Commission d’enquête désignée par le tribunal administratif de Cergy-PontoiseConclusions motivées sur la filière membranaire haute performance de Méry-sur-Oise
  3. SEDIF et registre numérique de la consultationCompte rendu intégral de la réunion publique du 16 décembre 2025
  4. SEDIFRapport final de la concertation continue
  5. SEDIFQualité de l’eau, usine de Méry-sur-Oise, deuxième trimestre 2026