Article

Sarcelles : ce que le PNAT reproche aux six hommes déférés

Le parquet antiterroriste les soupçonne d’avoir convoyé la voiture ou fourni les armes, sans avoir établi qu’ils connaissaient leur usage terroriste présumé.

Illustration - Voiture et armes sous scellés

Six hommes ont été présentés à la justice samedi 25 juillet, deux semaines après la découverte d’une voiture contenant un fusil de type Kalachnikov, un pistolet et des chargeurs à Sarcelles. Le Parquet national antiterroriste a demandé leur mise en examen et leur placement en détention provisoire.

Au moment de la publication, les juges n’avaient pas encore rendu leurs décisions. Les réquisitions du parquet dessinent toutefois plus précisément le rôle actuellement reproché aux six suspects : avoir participé au convoyage du véhicule retrouvé le 11 juillet, ou à la fourniture et à la livraison des armes.

Cette étape ne permet pas encore de les présenter comme les membres conscients d’un projet d’attentat. Le PNAT précise que les investigations n’ont pas établi qu’ils connaissaient l’usage terroriste présumé auquel le véhicule et les armes étaient destinés. Il requiert donc leur mise en examen pour des infractions de droit commun, notamment le vol et le recel en bande organisée ainsi que l’association de malfaiteurs.

L’affaire avait commencé par une information transmise à la Direction générale de la sécurité intérieure sur une possible attaque islamiste visant une synagogue de Sarcelles. Les policiers avaient retrouvé la Toyota signalée près d’un cinéma, à environ 500 mètres d’une synagogue. Près de 300 personnes avaient été évacuées pendant l’intervention.

Huit hommes âgés de 22 à 40 ans ont été interpellés le 21 juillet en région parisienne. Un neuvième, âgé de 23 ans et déjà détenu dans une autre procédure, a également été interrogé. Trois gardes à vue ont été levées sans poursuite à ce stade ; les six autres hommes ont été déférés.

Les enquêteurs ont ainsi remonté une partie de la chaîne logistique, mais pas encore le projet lui-même. Ils cherchent toujours qui a commandé la livraison, quelle action était préparée et quelle en était précisément la cible.

Une alerte assez sérieuse peut justifier une évacuation et la saisie immédiate d’armes. Une poursuite pour terrorisme exige ensuite d’établir ce que chaque suspect savait du projet et l’aide qu’il comptait lui apporter.

Le PNAT poursuit donc l’enquête pour des infractions terroristes contre des personnes encore non identifiées. À Sarcelles, la voiture, les armes et une partie de leur parcours sont désormais connus ; leurs commanditaires et leur destination finale ne le sont pas encore.

Sources consultées
  1. Reuters, via BoursoramaFrance-Projet d'attentat suspecté à Sarcelles, six hommes présentés à la justice
  2. Agence France-Presse, via The Times of IsraelSoupçons de projet d’attaque à Sarcelles : six hommes présentés à la justice samedi
  3. Justice.frMise en examen
  4. Justice.frDétention provisoire