Article

Agoralim : le Val-d’Oise s’organise pour ne pas laisser filer les retombées

L’Alliance Agoralim veut préparer les entreprises et salariés du Val-d’Oise aux marchés et emplois du futur pôle alimentaire de Goussainville.

Illustration du futur pôle Agoralim à Goussainville

Le futur pôle alimentaire de Goussainville sera construit et exploité par la SEMMARIS, gestionnaire du marché de Rungis. Mais qui décrochera ses marchés, préparera ses recrutements et formera ses salariés ? Pour préparer l’accès des entreprises et des salariés du département à ces débouchés, la CCI du Val-d’Oise a lancé l’Alliance Agoralim le 8 juillet à Arnouville. Sa structuration doit commencer lors d’une nouvelle réunion le 23 septembre.

Le site principal doit occuper 37,8 hectares et accueillir 110 000 m² d’entrepôts et d’ateliers consacrés à la distribution et à la transformation alimentaires. La SEMMARIS prévoit désormais un lancement opérationnel à partir de 2028, avec les premiers bâtiments autour de 2030. Son calendrier public mentionnait auparavant une première livraison en 2029.

Une première activité pourrait toutefois arriver plus vite. Le dernier rapport annuel de la SEMMARIS annonce un site démonstrateur de près de 6 hectares, installé dans un nouveau parc pour PME près de la gare de Goussainville. Ses 25 000 m² d’entrepôts et de locaux tertiaires pourraient entrer en service en 2028 et représenter environ 250 emplois.

Les chiffres d’emploi avancés lors du lancement de l’Alliance demandent, eux, à être remis dans leur périmètre. Le CEEVO et Les Entrepreneurs Val-d’Oise ont repris une estimation de 4 000 à 5 000 emplois directs. Ce nombre concerne Agoralim dans son ensemble, décrit dans le dossier de concertation comme un projet déployé sur plusieurs sites. Pour l’implantation principale de Goussainville, les documents d’urbanisme examinés en 2026 retiennent 1 500 emplois directs. C’est déjà un volume important, mais ce n’est pas la même promesse.

L’Alliance n’est pas le maître d’ouvrage : le programme reste piloté par la SEMMARIS sous le contrôle de l’État. Un cahier des charges approuvé en avril chiffre à environ 550 millions d’euros le programme d’investissements Agoralim, pour le foncier, l’aménagement, les bâtiments et leur entretien. Ce montant porte sur le programme Agoralim, sans isoler le seul site principal de Goussainville.

La marge de manœuvre de l’Alliance se situe ailleurs : faire connaître les futurs besoins aux PME, rapprocher les employeurs des organismes de formation, préparer les compétences recherchées et relier l’Agora des producteurs aux exploitations locales. La charte publiée par la SEMMARIS comporte déjà des engagements sur l’emploi local et les filières agricoles. Dans les annonces de lancement consultées, l’Alliance n’a cependant encore ni gouvernance détaillée, ni budget, ni programme d’action public.

Les bénéfices économiques auront aussi leur contrepartie physique. L’évaluation environnementale de 2026 prévoit une hausse du trafic de marchandises dans un secteur déjà marqué par l’A1, la RD317 et l’aéroport. Elle maintient la nécessité d’un nouvel ouvrage routier pour desservir le site principal depuis la RD317.

L’Alliance arrive donc avant que les entreprises, les emplois et les contraintes d’Agoralim soient répartis. Le 23 septembre à Arnouville, sa prochaine réunion devra montrer si elle devient un outil de travail avec des objectifs et un calendrier, ou si elle reste une photo de famille autour du futur chantier de Goussainville.

Sources consultées
  1. CEEVOParticipation du CEEVO au lancement de l’Alliance Agoralim
  2. SEMMARISRapport annuel 2025
  3. SEMMARIS, Roissy Pays de France et Ville de GoussainvilleDossier de concertation Agoralim Goussainville
  4. Roissy Pays de FranceÉvaluation environnementale de la mise en compatibilité du SCoT et du PLU pour Agoralim
  5. LégifranceDécret du 1er avril 2026 portant approbation du cahier des charges de la SEMMARIS