
La CPAM du Val-d’Oise annonce avoir détecté et stoppé 16,3 millions d’euros de fraudes à l’Assurance Maladie en 2025, soit 30 % de plus qu’en 2024. Un record départemental, mais pas un décompte de sommes déjà récupérées.
L’expression « détectées et stoppées » rassemble en effet deux résultats différents : les paiements bloqués avant leur versement et les préjudices constatés après paiement, qui doivent ensuite être recouvrés. La CPAM n’a pas publié la ventilation de ses 16,3 millions entre ces deux catégories, ni leur répartition entre assurés, professionnels de santé et établissements.
À l’échelle nationale, sur 723 millions d’euros détectés et stoppés en 2025, 286 millions ont été évités avant paiement. Empêcher une facture fictive de quitter les comptes est plus rapide et plus sûr que tenter de récupérer l’argent après la découverte de la fraude.
Le record valdoisien mesure aussi l’activité de contrôle. Dès le bilan 2024, la directrice de la CPAM indiquait que l’équipe spécialisée avait augmenté ses effectifs de 50 % en deux ans. La caisse attribue la nouvelle progression à un meilleur ciblage et à une coordination renforcée entre organismes. Une hausse de 30 % ne signifie donc pas nécessairement que les fraudes commises ont augmenté dans les mêmes proportions. Elle peut aussi traduire une meilleure capacité à les repérer.
En France, les assurés représentaient en 2025 plus de la moitié des cas détectés, mais seulement 16 % des sommes. Les professionnels de santé libéraux, centres compris, concentraient près des trois quarts des montants pour 28 % des dossiers. Les contrôles se déplacent ainsi vers les anomalies de facturation répétées, les réseaux et les structures capables de multiplier rapidement les actes fictifs.
Le Val-d’Oise a déjà vu ce mécanisme à l’œuvre. En juin 2025, une inspection coordonnée dans le cadre du comité départemental antifraude a entraîné la suspension de centres de santé à Herblay-sur-Seine et Argenteuil. L’Agence régionale de santé avait relevé, entre autres manquements, des fraudes à l’Assurance Maladie, du travail dissimulé et un exercice illégal de la médecine. Un autre centre d’Herblay était suspendu depuis novembre 2024. Ces affaires ne peuvent pas être rattachées au bilan de 16,3 millions faute de ventilation publique, mais elles montrent comment les contrôles croisent données de facturation, inspections sanitaires et investigations judiciaires.
La CPAM doit rembourser les soins et verser les indemnités de plus de 1,3 million d’assurés dans le département sans ralentir l’ensemble du système. Vérifier chaque acte avant paiement serait impraticable. Elle recherche donc les incohérences dans un immense flux de dossiers, puis concentre ses moyens sur les montants et les risques les plus élevés.
Le record de 2025 témoigne d’un contrôle plus actif. Mais sans connaître la part bloquée avant paiement, celle déjà versée et les catégories à l’origine des principaux montants, il ne décrit encore qu’imparfaitement la fraude détectée dans le Val-d’Oise.
Sources consultées
- CPAM du Val-d’Oise16,3 millions d’euros de fraude à l’Assurance Maladie détectés en 2025 dans le Val-d’Oise
- Assurance MaladieLutte contre les fraudes à l’Assurance Maladie : 723 M€ détectés et stoppés en 2025
- CPAM du Val-d’OiseCPAM du Val-d’Oise, chiffres clés
- Agence régionale de santé Île-de-FranceContrôle des centres de santé franciliens : suspensions d’activité à Paris et dans le Val-d’Oise
- Le Parisien« Des fraudes opérées de manière industrielle » : plus de 16 millions d’euros détournés de la Sécu du Val-d’Oise en 2025