
L’Hôpital NOVO veut construire une centrale de groupes électrogènes sur son site de Pontoise, au 6 avenue de l’Île-de-France. Le marché, publié le 11 juillet, est divisé en six lots et prévoit une durée d’exécution estimée à 28 mois. Les entreprises ont jusqu’au 25 septembre 2026 pour déposer leurs offres.
Le découpage du marché donne la nature du chantier. Aux groupes électrogènes et aux équipements électriques s’ajoutent le gros œuvre, la voirie, l’étanchéité, le bardage, la serrurerie et la peinture. NOVO ne commande pas seulement de nouvelles machines : l’hôpital prépare un ouvrage complet, intégré aux réseaux et aux bâtiments du site.
L’avis ne publie encore ni le coût du chantier, ni le nombre et la puissance des groupes, ni leur autonomie. Il ne précise pas non plus si la centrale remplacera les équipements existants ou augmentera la capacité disponible.
Le site dispose de 947 lits et places selon la Fédération hospitalière de France. Il accueille notamment le SAMU 95, le SMUR, les urgences adultes, pédiatriques, psychiatriques et gynéco-obstétriques, ainsi que des services de réanimation et de soins intensifs. Leur fonctionnement dépend d’une alimentation continue pour les équipements médicaux, la ventilation, les communications et les systèmes informatiques.
Le risque n’est pas théorique sur ce site. Le 23 septembre 2016, une panne électrique critique avait duré plusieurs heures. Les groupes électrogènes n’avaient pas pris le relais, en raison de la défaillance du système de contrôle-commande chargé de déclencher leur démarrage. La Chambre régionale des comptes relevait qu’un audit avait conclu à l’obsolescence du dispositif.
Des travaux importants avaient ensuite été menés en 2018 dans le centre médico-chirurgical : remplacement de postes haute tension, création d’une boucle de secours et rénovation des tableaux distribuant l’électricité vers les différents groupes électrogènes. Le marché lancé en 2026 arrive après ces travaux de sécurisation, sur un réseau où la qualité des automatismes et des raccordements compte autant que la présence des moteurs eux-mêmes.
La réglementation impose aux établissements de santé assurant des soins de courte durée de disposer de moyens autonomes assurant pendant au moins 48 heures l’alimentation des installations nécessaires à la sécurité. La future centrale relève de cette continuité quotidienne : elle n’ajoutera ni lit ni consultation, mais devra empêcher qu’une défaillance du réseau extérieur ne désorganise l’activité médicale.
Son dimensionnement et son coût permettront de juger s’il constitue un renouvellement à la hauteur des besoins du site. À Pontoise, l’attribution du marché dira combien l’hôpital investit et quelle puissance il juge nécessaire pour continuer à soigner en cas de coupure du réseau public.
Sources consultées
- BOAMP26NOVO17 Construction d’une centrale de groupes électrogènes et sécurisation électrique de l’Hôpital NOVO
- Chambre régionale des comptes Île-de-FranceCentre hospitalier René-Dubos de Pontoise, exercices 2013 et suivants
- Fédération hospitalière de FranceHôpital NOVO, site de Pontoise
- EiffageEiffage Énergie Systèmes réalise d’importants travaux d’électricité au Centre hospitalier René-Dubos de Pontoise
- LégifranceAlimentation en énergie des établissements de santé, articles R. 732-12 à R. 732-18 du code de la sécurité intérieure