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À Roissy, ADP cherche des mobilités à l’épreuve de l’aéroport

L’appel Smart Territories 2026 vise des solutions pour mieux faire circuler voyageurs, salariés, bagages, marchandises et données à Roissy.

Mobilités autour de Roissy

À Roissy, le groupe ADP ouvre un terrain d’essai à des solutions de mobilité qui devront affronter autre chose qu’un démonstrateur propre et silencieux. L’appel Smart Territories 2026, ouvert jusqu’au 25 septembre, porte sur les mobilités et l’intermodalité à Roissy, Orly et Le Bourget.

Le mot “mobilité” paraît presque trop sage pour décrire ce qui se joue dans un aéroport. À Paris-Charles-de-Gaulle, il faut faire passer des passagers pressés, des salariés en horaires décalés, des prestataires, des bagages, du fret, des navettes, des véhicules de service et des informations en temps réel dans un espace où l’on ne circule jamais tout à fait librement. Côté ville, il y a les gares, les parkings, les bus, les accès routiers. Côté piste, il y a les règles de sûreté, les zones réservées, les équipements à localiser, les flux à ne pas bloquer.

C’est ce terrain-là qu’ADP propose aux entreprises, laboratoires, associations, PME ou grands groupes. L’appel recherche des solutions de navettes autonomes ou bas carbone, de transport à la demande, d’automatisation pour les bagages et marchandises, de comptage des flux, d’aide à la décision, de gestion de flotte, de signalétique multilingue ou d’accompagnement des personnes âgées, familles et personnes en situation de handicap.

La nouveauté n’est donc pas une invention déjà désignée. Elle tient au passage possible entre une solution prometteuse et son usage dans une plateforme aéroportuaire réelle. Le parcours annoncé prévoit un premier jury technique, une immersion sur les plateformes, une audition des finalistes, puis un pitch final devant le comité exécutif d’ADP et des acteurs économiques territoriaux le 10 décembre. Les lauréats auront de la visibilité, des mises en relation et un accompagnement, mais l’appel ne promet pas à lui seul un marché ou un déploiement.

Pour le Val-d’Oise, le sujet n’est pas périphérique. Paris-CDG s’étend sur sept communes, dont Roissy-en-France et Épiais-lès-Louvres dans le département. Selon l’Insee, la plateforme comptait en 2023 1 360 établissements et 94 600 salariés. Les établissements situés dans le Val-d’Oise généraient 27 % de la richesse dégagée par Paris-CDG, et la plateforme représentait 10 % de la richesse dégagée dans le département. L’aéroport organise aussi une partie des trajets quotidiens : seuls un quart des salariés de la plateforme habitent à moins de vingt minutes en voiture en heure creuse, tandis que 12 % sont à deux heures ou plus.

L’appel est modeste dans ce qu’il garantit, mais exigeant dans ce qu’il teste. Roissy n’a pas besoin d’un gadget qui fonctionne en vidéo. Il a besoin d’outils capables de compter, orienter, transporter ou réguler dans une petite ville sous contrainte permanente. Les candidats peuvent déposer leur dossier avant le 25 septembre 2026. L’essai se jouera dans les parkings, les sas, les gares, les bagages et les trajets de salariés qui commencent avant l’aube.

Sources consultées
  1. CCI Paris Île-de-FranceAppel à solutions innovantes et transformantes « Smart Territories » 2026
  2. Roissy DéveloppementAppel à Solutions – Smart Territories 2026 (Groupe ADP)
  3. InseeParis - Charles de Gaulle : des retombées économiques majeures pour les territoires environnants