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Milan Prat, trois fois au tapis puis champion du monde IBO : la revanche d’un boxeur de Drancy

Trois fois au tapis, Milan Prat remporte le titre mondial IBO des super-welters le 15 octobre. Retour sur le parcours de ce boxeur formé au club C Positif de Drancy.

Illustration d'un boxeur sur un ring

Jeudi 15 octobre, au Casino d’Enghien-les-Bains, Milan Prat a décroché la ceinture mondiale IBO vacante des super-welters face au Sud-Africain Brandon Thysse. Le boxeur de 27 ans, formé à Drancy, a dû pour cela se relever trois fois. Et remporter un combat qui semblait lui échapper.

La soirée avait pourtant bien commencé. Dès la deuxième reprise, Prat envoyait son adversaire au tapis d’un coup du gauche. Mobile, précis, il paraissait capable de contrôler les échanges. Mais sa main gauche, tenue trop basse, laissait passer les droites de Thysse.

À la sixième reprise, Prat tombe. Il retourne au tapis à la septième, puis à la huitième. Trois fois compté par l’arbitre, le Drancéen repart pourtant au combat. Dans les quatre derniers rounds, il retrouve sa mobilité et touche suffisamment pour reprendre l’avantage.

Les trois juges lui accordent finalement la victoire : 113-111, 114-110 et 113-111. Une décision unanime arrachée au terme de douze reprises.

« Quand on tombe comme ça, ce qui pousse à remonter, ce sont les gens et les responsabilités », confie-t-il sur le ring, selon la Fédération française de boxe.

En 2023, la même faiblesse lui avait coûté une défaite

En octobre 2023, en Allemagne, Milan Prat affrontait Slawa Spomer pour deux ceintures internationales. Encore invaincu chez les professionnels, il avait été envoyé plusieurs fois au tapis avant que l’arbitre n’arrête le combat à la dixième reprise.

Le problème était déjà là : une garde gauche trop basse, qui exposait son visage aux coups adverses.

Dans son coin, Kassa Baradji, son entraîneur de Drancy, lui demandait alors de mieux se protéger. Mais Prat continuait d’accepter les échanges rapprochés, cherchant à rendre les coups plutôt qu’à éviter ceux de l’Allemand. Il subissait sa première défaite professionnelle.

Trois ans plus tard, face à Thysse, cette vulnérabilité n’a pas disparu. Cette fois, Prat retrouve suffisamment de lucidité et de mobilité pour reprendre l’initiative dans les dernières reprises.

Entre les deux rendez-vous, il a reconquis le titre européen EBU des super-welters en battant le Belge Jan Helin par KO à la neuvième reprise, en novembre 2025. Il s’est aussi préparé à Houston, au Texas, auprès de l’entraîneur américain Bobby Benton, travaillant notamment sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans la bagarre.

À Drancy, un entraîneur et son échiquier

L’histoire de Milan Prat à Drancy remonte bien avant ces combats professionnels.

En février 2018, le journal municipal Drancy immédiat lui consacrait un portrait. À 18 ans, membre de l’équipe de France amateur et pensionnaire de l’INSEP, il préparait son baccalauréat et rêvait des Jeux olympiques. Il revenait régulièrement s’entraîner au club C Positif, fondé par Kassa Baradji.

Leur relation avait commencé en 2013, lors d’un combat contre un élève de Baradji. Prat racontait alors considérer son entraîneur comme un membre de sa famille.

Ancien boxeur de haut niveau, Kassa Baradji avait vu sa carrière interrompue par une maladie. Dans ce même portrait de 2018, il expliquait que le père de Milan l’avait encouragé à se consacrer à l’entraînement des jeunes lorsqu’il avait envisagé de tout arrêter.

À C Positif, son travail ne se limitait pas aux gants et aux sacs de frappe. Il accompagnait aussi des adolescents du collège Jacques-Jorissen et insistait sur l’importance des études. Un échiquier trônait sur son bureau. Il lui servait à parler de stratégie, de volonté et des choix qu’il fallait apprendre à faire.

Huit ans plus tard, son ancien élève compte 31 victoires professionnelles pour une seule défaite. Sa nouvelle ceinture appartient à l’IBO, une organisation distincte des quatre grandes fédérations mondiales, WBA, WBC, IBF et WBO. Ce premier titre mondial IBO ne fait pas de lui le champion incontesté des super-welters.

Sa garde gauche, encore trop basse, reste un point à corriger avant d’affronter des adversaires plus relevés.

À Drancy, l’archive de 2018 conserve une autre image du champion : un jeune homme de 18 ans, les bras croisés devant l’échiquier de son entraîneur, qui préparait encore son bac et sa prochaine finale amateur.

Sources consultées
  1. Fédération française de boxeMilan Prat revenu de l'enfer
  2. Fédération française de boxeLe cauchemar de Milan Prat
  3. Fédération française de boxeMilan Prat : reconquête réussie
  4. Ville de Drancy, Drancy immédiat, numéro 356, février 2018Des rêves olympiques
  5. Ville de DrancyMilan Prat sacré champion du monde IBO
  6. BoxeNetQuelle suite pour Milan Prat ?