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À Saint-Denis, le Centre aquatique olympique cherche encore son public du quotidien

Après un an, le CAO compte 375 000 visites. Son défi est désormais de transformer un équipement olympique en lieu du quotidien à Saint-Denis.

Illustration du Centre aquatique olympique

Un an après son ouverture au public, le Centre aquatique olympique de Saint-Denis a accueilli 375 000 visiteurs toutes activités confondues. Son directeur délégué, Grégorie Lartigot, reconnaît que ce résultat reste sous les ambitions initiales. L’objectif affiché par Récréa est d’atteindre à terme près d’un million de visites par an, dont 600 000 pour la partie aquatique. Ce million est donc une cible de maturité, pas un seuil que l’exploitant affirme avoir dû franchir dès la première année.

L’écart reste considérable pour un équipement dont la vocation dépasse largement celle d’une piscine municipale. Le CAO est exploité par Récréa dans le cadre d’une concession de service public de la Métropole du Grand Paris, avec une mission qui mêle loisirs, apprentissage, sport de haut niveau et grandes compétitions.

Après une révision en septembre 2025, la Métropole a fixé à 176,97 millions d’euros hors taxes le coût d’objectif global maximum du Centre aquatique et du franchissement piéton attenant.

Mais les 375 000 visites ne sont pas 375 000 entrées piscine. Elles agrègent les différentes activités du site, alors que Récréa distingue elle-même, dans sa cible annuelle, 600 000 visites pour la partie aquatique. La fréquentation doit donc être regardée avec les autres missions du CAO : apprentissage de la nage, loisirs, fitness, entraînement de haut niveau et accueil de compétitions. Cet été, le bâtiment a ainsi reçu la natation course, le plongeon et la natation artistique des Championnats d’Europe.

Le frein identifié par l’exploitant est aussi territorial. Grégorie Lartigot décrit un environnement encore pauvre en flux quotidiens et cite plusieurs améliorations attendues : une station Vélib’, une liaison plus directe avec la gare Saint-Denis Pleyel, de meilleurs cheminements piétons et cyclables et une signalétique renforcée. Il pointe également une image encore trop liée au sport de haut niveau. Autrement dit, le CAO doit devenir plus facile à rejoindre, mais aussi plus évident à utiliser.

La fréquentation mensuelle est passée de 15 000 entrées en juin 2025 à 31 000 en juillet 2026, selon Le Parisien. De nouveaux usages se greffent aussi au bâtiment : le partenariat conclu avec le Campus Condorcet doit faciliter des projets de recherche au CAO.

Les sources disponibles ne donnent pas les comptes détaillés d’exploitation nécessaires pour relier précisément fréquentation et équilibre économique. En revanche, le premier bilan rend déjà visible la difficulté particulière de l’héritage olympique : le bâtiment sait recevoir les meilleurs nageurs d’Europe ; il doit maintenant entrer dans les habitudes ordinaires de Saint-Denis. Cela se jouera moins dans les tribunes que dans les trajets, les cours de natation et l’idée, un mercredi après-midi, d’aller simplement au CAO.

Sources consultées
  1. Grégorie LartigotCAO : 5 réalités derrière les idées reçues (1/5) Fréquentation : regarder les faits et comprendre la trajectoire
  2. RécréaCentre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris
  3. Métropole du Grand ParisLe Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris
  4. Métropole du Grand ParisCentre aquatique olympique : prorogation de la convention de participation au financement des ouvrages olympiques et paralympiques
  5. Fédération Française de NatationChampionnats d’Europe 2026
  6. Le Parisien« À l’équilibre dans quelques années » : un an après son ouverture, le Centre aquatique olympique ne fait pas encore le plein