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Basilique, Bauer, Georges-Valbon : l’histoire du 93 va se jouer sur place

En 2027, trois créations historiques investiront Saint-Denis, Bauer et Georges-Valbon. Les lieux eux-mêmes feront partie des histoires racontées.

Illustration - Trois lieux de Seine-Saint-Denis

En 2027, l’histoire sortira du théâtre pour se jouer devant la basilique de Saint-Denis, dans le stade Bauer puis au parc Georges-Valbon. Le Département confirme trois premières créations de « Populaire. Toutes nos histoires », coproduites avec la MC93 et consacrées à la Révolution française, au sport populaire et aux migrations. Les éléments présentés lors du lancement les annoncent gratuites et en plein air, de mai à juillet.

Le premier spectacle est annoncé fin mai sur le parvis de la basilique. Guillaume Mazeau, Damien Gabriac et Claire Lasne Darcueil travailleront autour de l’automne 1793, lorsque les corps royaux sont retirés de leurs cercueils pour récupérer le plomb. Les ossements sont alors déposés dans des fosses communes avant d’être réunis dans un ossuaire sous la Restauration. À Saint-Denis, ce passé n’a donc pas besoin d’être reconstitué de toutes pièces : il affleure sous les gisants et dans la crypte du monument.

En juin, changement complet de scène. Mohamed El Khatib et l’historien François Da Rocha Carneiro doivent investir Bauer pour une histoire populaire du sport. Là encore, le lieu apporte sa propre matière. Le Red Star joue à Saint-Ouen depuis 1909 et revendique Bauer comme une part essentielle de l’identité du club. Plus d’un siècle de matchs, de tribunes, de départs forcés et de retours au stade donnent au spectacle autre chose qu’un terrain disponible.

En juillet, les chants d’exil et de lutte doivent gagner le parc Georges-Valbon, avec notamment l’historienne Marianne Amar, Marine Bachelot Nguyen et Rocé. Le parc ajoute ici sa propre histoire : il a été aménagé sur d’anciennes terres maraîchères, au voisinage d’usines et du bidonville de la Campa. Depuis, ses 420 hectares sont devenus un grand espace de loisirs et de rassemblement, jusqu’au Parc des Jeux de 2024, qui y a accueilli plus de 350 000 visiteurs.

Les habitants ne sont pas censés rester devant une histoire déjà ficelée. Les organisateurs envisagent notamment un bal ou un carnaval après la première création et un karaoké autour de la seconde. La MC93 travaille déjà depuis 2020 avec Patrick Boucheron sur le cycle « Toute notre histoire », qui confronte historiens et artistes aux manières de raconter le passé. « Populaire » rejoint aussi une saison Multitude désormais déployée toute l’année.

Le lancement a aussi été accompagné d’un discours politique. Stéphane Troussel présente le projet comme une réponse à des récits de l’histoire qu’il juge exclusifs ; les historiens associés disent, eux, vouloir conserver les contradictions plutôt que fabriquer un récit édifiant en sens inverse.

Reste cette correspondance entre les histoires et leurs lieux : raconter la monarchie devant sa nécropole, le sport populaire depuis les tribunes de Bauer, puis les migrations sur une pelouse qui porte elle-même plusieurs couches d’histoire.

Sources consultées
  1. Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisPublication officielle de lancement de « Populaire. Toutes nos histoires »
  2. Le Monde« Populaire. Toutes nos histoires », la riposte de la Seine-Saint-Denis à la bataille culturelle menée par la droite identitaire
  3. Centre des monuments nationauxHistoire du monument
  4. Red Star FCBauer
  5. Département de la Seine-Saint-DenisL’histoire du parc Georges-Valbon
  6. MC93Toute notre histoire