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À Aubervilliers, une vingtaine de jardins forment un réseau discret

La Fête des jardins se poursuit jusqu’au 4 octobre et révèle un réseau associatif mêlant cultures, mémoire ouvrière et biodiversité urbaine.

Illustration - Jardins associatifs à Aubervilliers

La Fête des jardins continue jusqu’au 4 octobre à Aubervilliers. Mais le programme n’est que la partie visible d’un réseau plus durable : le rapport municipal présenté en avril 2026 évoque une vingtaine de jardins associatifs gérés par 17 associations, sous des formes aussi différentes qu’un jardin ouvrier, une cour jardinée, un toit cultivé ou une parcelle collective.

Cette diversité se lit dans les prochains rendez-vous. Le 23 septembre, La Semeuse remettra son four à pain en service, tandis qu’une rencontre consacrée à la petite faune se tiendra à la Villa Mais d’Ici. Trois jours plus tard, la Cour jardinée Jean-Moulin accueillera la construction de gîtes pour les chauves-souris, tandis qu’une balade consacrée à la biodiversité urbaine partira de Terre Terre. Le 30 septembre, le programme reviendra sur les corridors écologiques du quartier Paul-Bert et sur le rôle de la mare pour la petite faune.

Ces jardins ne servent donc pas seulement à cultiver quelques mètres carrés. L’opération « Chemins de la petite faune », portée à Aubervilliers, cherche notamment à relier jardins et espaces verts par de petits passages d’environ quinze centimètres permettant aux hérissons et à d’autres animaux terrestres de circuler. Elle reprend des expériences déjà menées en Normandie et au Royaume-Uni. Dans une ville très bâtie, la continuité écologique peut se jouer à l’échelle d’une clôture, d’une mare ou d’un passage entre deux parcelles.

Les archives municipales situent en 1905 la première occupation des glacis du Fort d’Aubervilliers par des jardins ouvriers. Un Syndicat des Jardins ouvriers de Pantin-Aubervilliers est fondé en 1925, puis la Société des Jardins ouvriers des Vertus en 1935. Ces parcelles avaient alors une fonction économique, familiale et sociale, bien différente des jardins pédagogiques ou des projets de biodiversité actuels. Mais le geste demeure familier : prendre un morceau de ville et en faire un lieu à cultiver collectivement ou côte à côte.

Le réseau lui-même reste très hétérogène. Le rapport municipal distingue jardins partagés, collectifs, pédagogiques, familiaux et ouvriers. Les terrains dépendent aussi de propriétaires différents, de la Ville à Plaine Commune, au Département, aux bailleurs et à des aménageurs privés. Les jardins d’Aubervilliers forment ainsi moins un ensemble continu qu’une série de parcelles disséminées dans la ville.

Les derniers rendez-vous de la fête en donnent une image assez fidèle. Le 3 octobre, le Jardin des Noyers accueillera portes ouvertes, ateliers artistiques et exposition photographique. Le lendemain, Une Oasis dans la Ville et Les Verts de Terre ouvriront leurs portes autour du compostage, du broyat et des plants. La fête s’achèvera ainsi avec ce qui fait vivre ces jardins le reste de l’année : quelques mètres carrés, des outils, des végétaux et des gens pour s’en occuper.

Sources consultées
  1. Ville d’Aubervilliers, portail de la Vie associativeFête des jardins 2026
  2. Ville d’AubervilliersRapport Développement durable 2025
  3. Archives municipales d’AubervilliersFort d’Aubervilliers, Temps fort - Histoire d’un site
  4. Ville d’Aubervilliers, portail de la Vie associativeLaboratoires de la Biodiversité : Programmation des « Chemins de la petite faune »