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À Pantin, les ouvrières ont aussi fabriqué la ville

La balade du Matrimoine du 20 septembre remet les ouvrières de Pantin au premier plan, jusque dans l’histoire de sa première crèche municipale.

Illustration - ouvrières industrielles à Pantin

Dimanche 20 septembre, Pantin suivra les traces de ses cigarettières, blanchisseuses et monteuses à la chaîne. Deux balades du Matrimoine partiront à 14 h et 16 h 30 de l’ancienne Manufacture des tabacs, avenue Jean-Lolive. Mais le parcours raconte davantage qu’une histoire de métiers disparus : à la fin du XIXe siècle, la concentration de centaines d’ouvrières créait aussi de nouveaux besoins de transport, de logement et de garde d’enfants.

La Manufacture en donne la mesure. En 1898, l’inventaire patrimonial départemental y recense 721 ouvriers et ouvrières. Une publication historique de la Ville de Pantin compte, elle, 654 ouvrières cette année-là. Elles formaient donc l’immense majorité de la main-d’œuvre de cette usine de tabacs implantée dans la commune depuis les années 1870.

Cette main-d’œuvre transforme aussi les abords de l’établissement. L’Atlas du patrimoine de Seine-Saint-Denis relie le développement de la Manufacture au lotissement des terrains voisins, à l’arrivée d’une ligne de tramway et à la construction d’une crèche.

La crèche du Docteur-Pellat en reste la trace la plus éloquente. Construite en 1890 et ouverte en juillet 1891 à quelques pas de la Manufacture, elle est la première crèche municipale de Pantin. Ses 40 places sont alors destinées en priorité aux enfants des ouvrières de l’usine voisine. Une partie de l’année, l’établissement ouvre dès 5 h 30 et ferme à 20 h. Dans ces horaires se lit presque directement la journée de travail des mères qu’il accueillait.

Une grande partie de la Manufacture a depuis disparu. Elle ferme au début de 1982. Après dix-neuf mois d’occupation par ses salariés, le site est finalement reconverti dans les années 1990 et l’essentiel des bâtiments de production est démoli. Trois bâtiments périphériques sont conservés. La crèche, elle, demeure un autre fragment de cette histoire ouvrière dans le paysage pantinois.

La visite de dimanche, conduite par la guide-conférencière Clémence Bell, dure environ une heure trente. Elle est gratuite, accessible à partir de 12 ans et nécessite une réservation. Les participants peuvent réserver leur place sur Explore Paris.

Le parcours évoque aussi d’autres travailleuses de la ville, des blanchisseuses aux monteuses à la chaîne. Avenue Jean-Lolive, les ateliers de la Manufacture ont presque tous disparu ; quelques rues plus loin, la crèche du Docteur-Pellat raconte encore une ville qui avait dû s’organiser autour de centaines d’ouvrières.

Sources consultées
  1. Ministère de la Culture — Journées européennes du patrimoineÀ la rencontre du matrimoine industriel pantinois
  2. Département de la Seine-Saint-Denis — Atlas de l’architecture et du patrimoineManufacture des tabacs de Pantin, actuellement immeubles de bureaux dits La Manufacture
  3. Département de la Seine-Saint-Denis — Atlas de l’architecture et du patrimoinecrèche du Docteur-Pellat
  4. Ville de PantinRécit de ville n°4