
Alexandre de Bosschère est procureur de la République à Bobigny depuis le 1er septembre. Il arrive dans une juridiction qui doit continuer à absorber un volume considérable d’affaires pendant qu’elle réorganise ses services et prépare l’agrandissement de son palais. Sur les onze premiers mois de 2025, le tribunal a comptabilisé 36 663 affaires pénales poursuivies. Un avis du ministère de la Justice situe la juridiction au deuxième rang national, pour un ressort de 1,678 million d’habitants, avec 61 emplois de magistrats du parquet localisés en 2025.
Cette masse a déjà obligé Bobigny à modifier sa façon de travailler. En 2025, des audiences spécifiques ont été créées pour la criminalité organisée et le proxénétisme commis au préjudice de mineurs. Une troisième section de la cour d’assises a également vu le jour à effectifs constants, avec l’objectif de juger davantage de crimes. Pour augmenter sa capacité sans attendre de nouveaux murs, la juridiction agit donc sur le calendrier des audiences et l’organisation de ses services.
Le parcours d’Alexandre de Bosschère rejoint un autre chantier déjà engagé. Procureur à Amiens à partir de 2016, il y était depuis 2018 responsable d’un site pilote de la procédure pénale numérique. Devenu secrétaire général adjoint du ministère en 2022, il a travaillé sur la simplification de la procédure pénale et la transformation numérique. À Bobigny, de nouvelles étapes de la procédure pénale doivent être intégrées au circuit numérique, avec les outils et la formation nécessaires. Son arrivée ne lance pas cette transformation, mais place à la tête du parquet un magistrat qui la connaît déjà de l’intérieur.
Le numérique ne crée cependant ni bureaux ni salles d’audience. L’Agence publique pour l’immobilier de la Justice décrit un tribunal saturé, affecté par des difficultés techniques et fonctionnelles. Une extension neuve de 20 800 m² doit accueillir le pôle pénal, avec huit salles d’audience publiques et 42 salles pour les audiences de cabinet. Les travaux doivent démarrer en 2026, pour une livraison prévue en 2029. Pendant le chantier, des surfaces supplémentaires dans l’immeuble de l’Européen doivent accueillir environ 200 postes de magistrats et de fonctionnaires.
L’extension du tribunal, dont l’emprise foncière a encore évolué cet été répond ainsi au même problème que les nouvelles audiences et les nouveaux circuits numériques : donner davantage de capacité à une institution qui doit continuer à fonctionner pendant sa propre transformation.
Alexandre de Bosschère prend donc les commandes d’un parquet où chaque gain dépend des autres. Un dossier peut circuler plus vite, mais il faut encore des greffiers pour le traiter, des magistrats pour le suivre et une salle pour le juger. À Bobigny, cette modernisation se mesurera moins au nombre de nouveaux outils qu’à la capacité du tribunal à faire avancer davantage d’affaires pendant que le chantier commence avenue Paul-Vaillant-Couturier.
Sources consultées
- LégifranceDécret du 5 août 2026 portant nomination (magistrature) - M. DE BOSSCHERE
- Cour d’appel de ParisActivité du tribunal judiciaire de Bobigny
- LégifranceAvis de vacance d'un emploi de direction du ministère de la justice - directeur de greffe du tribunal judiciaire de Bobigny
- Agence publique pour l’immobilier de la JusticeTribunal judiciaire de Bobigny
- Ministère de la JusticeSecrétariat général