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À Aubervilliers, Condorcet veut mettre ses outils de recherche en commun

Le Campus Condorcet veut mutualiser données, infrastructures et services d’ici 2030. Son projet « AI for HSS » reste encore à définir.

Illustration - recherche au Campus Condorcet

Le Campus Condorcet a déjà concentré à Aubervilliers une centaine d’unités et projets de recherche, une bibliothèque de près de 1 400 places, 50 salles de séminaire et plusieurs grandes infrastructures numériques. Sa feuille de route publiée ce 8 septembre ouvre maintenant un autre chantier : mettre davantage ces moyens en commun jusqu’en 2030.

Mettre des historiens, sociologues, démographes ou linguistes sur le même campus ne suffit pas à leur donner des outils communs. Condorcet veut donc créer des services partagés entre établissements volontaires, soutenir davantage de recherches et formations communes et accueillir l’incubation de nouveaux projets scientifiques.

L’intelligence artificielle fournit un bon exemple de ce que cette mutualisation peut produire. La feuille de route cite un projet baptisé « AI for HSS », pour l’IA appliquée aux sciences humaines et sociales. Il n’a encore ni budget, ni équipe, ni calendrier publiés. Mais Condorcet accueille déjà des infrastructures qui montrent à quoi peuvent servir ces méthodes.

Biblissima+, consacrée aux cultures écrites anciennes, réunit ainsi des projets et des outils capables de transcrire automatiquement des manuscrits, reconnaître des formes ou transformer des documents historiques numérisés en corpus exploitables. Arkindex, développé par Teklia et mobilisé dans cet environnement, permet par exemple d’extraire et d’indexer le contenu de documents par reconnaissance optique de caractères. Ici, l’IA sert moins à produire du texte qu’à rendre interrogeables des masses de sources que des chercheurs ne pourraient traiter manuellement à la même échelle.

Le partenariat signé en novembre 2025 entre Condorcet et University College London poursuit cette logique. Il porte sur les humanités numériques, les services de données de recherche, les plateformes interopérables, les compétences et l’intégration de l’IA dans les méthodes des sciences humaines. L’objectif est notamment de permettre à des collections, données et outils construits séparément de mieux fonctionner ensemble.

Cette ambition scientifique accompagne un campus qui doit encore grandir physiquement. Le futur siège de l’EPHE, dont l’opération représente 37,5 millions d’euros, doit être achevé en 2028. Le bâtiment destiné à l’EHESS et à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, financé par l’État à hauteur de 125 millions d’euros, doit suivre en 2030. Il accueillera 2 700 étudiants et 1 825 personnels.

La nouveauté de la feuille de route n’est donc pas l’arrivée soudaine de l’IA à Aubervilliers. Les outils existent déjà, tout comme les données et une partie des savoir-faire. D’ici 2030, Condorcet veut ajouter ce qui manque encore à cette concentration : des services et des projets réellement utilisés en commun par ses établissements.

Sources consultées
  1. Campus CondorcetPierre-Paul Zalio dévoile sa feuille de route 2030 pour le Campus Condorcet
  2. Campus CondorcetLes chiffres clés du site d'Aubervilliers
  3. Biblissima+Cluster 3 : Intelligence artificielle, reconnaissance des formes et des écritures manuscrites
  4. University College LondonUCL and Campus Condorcet advance AI in the humanities with new MoU