
John Gnahoré a pris le 4 septembre la direction de la police municipale de Saint-Denis. Sa nomination ouvre une nouvelle étape pour un service fortement développé par la précédente majorité, que le nouveau maire Bally Bagayoko ne veut pas réduire mais employer autrement.
Selon la Ville, la police municipale est passée d’une trentaine d’agents en 2020 à 120 en mai 2025. Elle dispose désormais d’un hôtel de police rue Jean-Mermoz, d’un centre de supervision fonctionnant 24 heures sur 24, d’environ 500 caméras et d’unités spécialisées, notamment une brigade de nuit, une brigade cynophile et des groupes d’intervention rapide et de sécurisation de proximité.
Le budget 2026 adopté avant l’alternance devait prolonger cette montée en puissance : 15 policiers supplémentaires étaient prévus pour atteindre 135 agents, avec 750 000 euros consacrés à de nouvelles caméras. En avril, après son élection, Bally Bagayoko a maintenu cet objectif et annoncé un audit de la police municipale et de la vidéoprotection.
Encore faut-il disposer des agents. La page actuelle de la Ville mentionne 120 postes de policiers municipaux, sans préciser combien sont effectivement pourvus. Début juin, Bally Bagayoko reconnaissait qu’« une vingtaine » de policiers municipaux étaient partis et évoquait une période difficile pour les ressources humaines du service. La nouvelle doctrine doit donc être mise en œuvre avec une contrainte de recrutement et de fidélisation.
Le maire demande davantage de présence de terrain, de prévention, de médiation et de formation à la désescalade. Le 4 septembre, il a aussi annoncé vouloir rompre avec la « multi-verbalisation », l’accumulation de contraventions lors d’une même situation. Ces consignes donnent une première forme au chantier annoncé au printemps.
Pour un service de cette taille, la loi impose une convention de coordination avec l’État et le procureur. Elle doit notamment préciser les missions prioritaires de la police municipale, la nature et les lieux de ses interventions et leur articulation avec la police nationale. Modifier la doctrine revient donc à décider ce que les agents traitent en priorité, où ils sont envoyés et jusqu’où privilégier verbalisation, intervention, médiation ou prévention.
Les résultats de l’audit annoncé au printemps et une doctrine écrite n’ont pas encore été rendus publics. Le choix municipal pourra se mesurer aux missions effectivement données aux patrouilles, davantage qu’au nombre de caméras déjà installées ou de postes inscrits sur un organigramme.
Pour John Gnahoré, la tâche commence donc rue Jean-Mermoz : faire fonctionner autrement une police dont les effectifs ont quadruplé en cinq ans, tout en reconstituant ses effectifs.
Sources consultées
- Bally BagayokoPublication du 4 septembre 2026 sur la prise de fonctions de John Gnahoré
- Commune nouvelle de Saint-DenisSécurité : rencontre entre Bally Bagayoko, Farid Aïd et le commissaire de police nationale Fabrice Corsaut
- Commune nouvelle de Saint-DenisLe nouvel hôtel de police municipale inauguré
- Commune nouvelle de Saint-DenisMissions et organisation de la police municipale
- Commune nouvelle de Saint-DenisRapport d’orientations budgétaires 2026
- LégifranceCode de la sécurité intérieure, articles L512-4 à L512-7