
Ce samedi soir, Salahdine Parnasse entre à l’UFC directement par le combat principal. À 28 ans, le natif d’Aubervilliers affronte le Néo-Zélandais Dan Hooker à l’Accor Arena. Sur son profil officiel, l’UFC indique toujours la même salle d’entraînement : Atch Academy, à Aubervilliers.
L’histoire locale remonte bien avant cette affiche parisienne. En mai 2015, les archives municipales racontaient déjà un jeune Parnasse engagé dans un combat d’encadrement à l’Espace Fraternité. Quelques mois plus tard, le 4 février 2016, il affrontait William Gomis lors du 100 % Fight 27 à l’Embarcadère. Les quatre combattants présentés ce soir-là par Stéphane « Atch » Chaufourier avaient gagné leur combat. Parnasse, lui, l’avait emporté à la décision unanime.
À Aubervilliers, il existait alors déjà davantage qu’une salle où s’entraîner. Chaufourier organisait des galas de pancrace et des tournois destinés à faire combattre des amateurs. En octobre 2016, le gymnase Manouchian accueillait ainsi un « Road to the Contenders » dans huit catégories de poids. La Ville citait Parnasse parmi les talents passés par ces compétitions. Cette scène utilisait notamment le pancrace, discipline proche du MMA, à une époque où le MMA français n’avait pas encore son cadre fédéral actuel. Ce n’est qu’en 2020 que l’État a attribué à la Fédération française de boxe une délégation officielle pour les arts martiaux mixtes.
Parnasse avait déjà pris de l’avance. En février 2018, après ses premiers combats au KSW en Pologne, le journal municipal le présentait comme un jeune combattant « dans l’antichambre de l’UFC ». Stéphane Chaufourier expliquait alors qu’il avait commencé à s’entraîner dans sa salle sept ans auparavant. Parnasse, 20 ans, formulait clairement son objectif : vivre de son sport et faire carrière à l’UFC.
Il lui aura fallu passer par une autre grande organisation pour y parvenir. Arrivé au KSW en 2017, il y est devenu en 2022, à 24 ans, le plus jeune double champion de l’histoire de l’organisation. Lorsqu’il la quitte en 2026, le KSW dresse le bilan de neuf années qui l’ont fait passer du statut de jeune espoir français à celui de champion reconnu. Pour ses débuts à l’UFC, Parnasse dispute directement le combat principal, prévu en cinq rounds.
En une décennie, les combats de pancrace de l’Embarcadère et les tournois du gymnase Manouchian ont laissé place à une discipline officiellement organisée en France et capable de remplir les grandes salles parisiennes. Parnasse, lui, n’a jamais rompu le fil avec la Atch Academy.
En 2018, alors que l’UFC était encore un objectif lointain, Stéphane Chaufourier résumait déjà la suite : « L’idée, ce n’est pas seulement d’y rentrer […] Il faut y rester. » Ce samedi soir, la première partie de cette phrase se joue enfin. À la Atch Academy, on l’attend depuis longtemps.