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Handicap en Seine-Saint-Denis : 66 « solutions », mais pas 66 places en établissement

L’État finance trois projets pour 3,2 millions d’euros. Au Raincy, l’annonce mêle places en établissement et accompagnements dans les lieux de vie.

Illustration d’un accompagnement médico-social

L’État débloque 3,2 millions d’euros pour trois projets destinés aux enfants et jeunes en situation de handicap en Seine-Saint-Denis. Au total, 66 nouvelles « solutions » sont annoncées. Mais le mot ne désigne pas uniquement des places supplémentaires dans des établissements.

Au Raincy, la différence apparaît immédiatement. À l’Edelweiss, la préfecture a officialisé le 3 septembre 10 nouvelles places en établissement et 30 accompagnements supplémentaires en milieu ordinaire, avec le développement d’un SESSAD. Le Groupe SOS présente Edelweiss comme un externat médico-professionnel accueillant des jeunes avec une déficience intellectuelle et des troubles associés.

Ces deux extensions ne répondent pas au même besoin. Une place en établissement organise l’accompagnement dans une structure spécialisée. Un SESSAD fait intervenir des professionnels autour du jeune dans ses lieux de vie, notamment à domicile ou à l’école. Pour une famille, les deux ne sont donc pas interchangeables. Cette distinction est particulièrement importante dans un département où les besoins vont de l’accompagnement ponctuel jusqu’à des prises en charge impossibles à assurer durablement au domicile.

Les crédits annoncés arrivent aussi sur des projets qui attendaient déjà. En mai, le Département et des associations avaient demandé à l’État de reprendre trois dossiers déposés dès 2023 et restés sans financement. À Tremblay-en-France, APF France handicap avait par exemple un projet de transfert de son antenne de Villepinte vers un bâtiment mieux adapté, avec un terrain et les accords locaux déjà obtenus. L’opération devait permettre d’accueillir 14 enfants supplémentaires en externat. Les trois projets désormais financés sont portés par le Groupe SOS, APF France handicap et l’ARPEI ; ils concernent Le Raincy, Tremblay-en-France et Gagny.

Le financement s’inscrit dans une politique qui ne compte plus seulement des lits et des places physiques. Le plan national « 50 000 solutions », doté de 1,5 milliard d’euros jusqu’en 2030, finance à la fois des établissements, des services et des accompagnements plus souples dans les lieux de vie. La CNSA recensait 17 500 solutions déjà déployées au début de 2026.

En Seine-Saint-Denis, l’ordre de grandeur reste celui d’un rattrapage. En mai, le Département réclamait encore 5 000 solutions supplémentaires et indiquait n’en avoir obtenu que 723 lors du précédent cycle de financement. C’est le déficit détaillé avant la Conférence nationale du handicap à Bobigny.

Les 3,2 millions d’euros débloquent donc de la capacité, sous plusieurs formes, plutôt qu’un bloc homogène de 66 nouvelles places. Au Raincy, 10 places en établissement et 30 accompagnements sont désormais identifiés. Pour Gagny et Tremblay-en-France, le calendrier précis de mise en service des nouvelles capacités n’a pas encore été rendu public.

Sources consultées
  1. Préfecture de la Seine-Saint-DenisPublication sur la visite ministérielle à Edelweiss
  2. Département de la Seine-Saint-DenisAccompagnement défaillant du handicap : le Département en appelle à l’État
  3. Groupe SOSEMPRO Edelweiss
  4. Ministère chargé des Personnes handicapéesPlan « 50 000 solutions » : une ambition collective pour ne laisser personne sans réponse
  5. Caisse nationale de solidarité pour l’autonomieLe plan national « 50 000 solutions » : des avancées tangibles