
Le 4 septembre, la 7e Conférence nationale du handicap se tiendra au Prisme de Bobigny. Le choix de Bobigny tient d’abord à cet équipement de 13 100 m², construit sous maîtrise d’ouvrage du Département pour 55,5 millions d’euros hors taxes et pensé dès sa conception pour accueillir ensemble sportifs valides et personnes présentant différents handicaps.
À quelques kilomètres de ces salles de sport, une difficulté beaucoup moins visible demeure : trouver effectivement une place lorsqu’un enfant ou un adulte a besoin d’un établissement ou d’un service médico-social. La CNSA classe la Seine-Saint-Denis parmi les départements les moins bien dotés pour l’accompagnement des adultes : fin 2023, la capacité des établissements et services médico-sociaux y était inférieure à 4 places pour 1 000 habitants de plus de 20 ans.
Pour les enfants, le décalage était déjà visible dans les données examinées par l’Assemblée nationale en 2023. Au 31 décembre 2022, la Seine-Saint-Denis comptait 3 038 places ou capacités d’accompagnement déclarées dans les établissements et services concernés, pour 6 675 jeunes en recherche active. Seules 37 places étaient alors signalées vacantes.
Une décision d’orientation de la MDPH ne réserve pas automatiquement une place. Après cette décision, les familles doivent contacter des établissements correspondant à l’orientation, qui ne peuvent prononcer une admission que dans la limite de leurs capacités. ViaTrajectoire permet ensuite de suivre le passage de l’orientation à l’attente puis à l’admission.
Ouvrir de nouvelles places ne relève pas du seul Département. La CNSA distribue aux agences régionales de santé les crédits destinés au fonctionnement d’une grande partie des établissements et services médico-sociaux ; les départements interviennent eux aussi dans le financement de certains dispositifs et prestations. Une place suppose donc un financement récurrent, un établissement capable de la porter et les professionnels nécessaires pour la faire fonctionner.
C’est sur ce terrain que la Seine-Saint-Denis attend davantage. En mai, le Département disait recenser 7 000 enfants dont les familles cherchent activement un accompagnement adapté sans le trouver. Il rappelle avoir demandé en 2023 la création de 5 000 solutions supplémentaires et estime que 723 ont depuis été débloquées par l’État. Ces chiffres sont ceux de la collectivité, mais le diagnostic de sous-équipement est confirmé indépendamment par les données nationales de la CNSA.
Le Département ne mise pas uniquement sur les décisions nationales. Son schéma Autonomie et Inclusion 2025-2030 prévoit 1 000 nouvelles places pour enfants et adultes en situation de handicap, dans un programme annoncé comme cofinancé avec l’Agence régionale de santé.
Avec le Prisme, le Département a pu porter directement un investissement et un équipement. L’accompagnement médico-social obéit à une mécanique plus dispersée, où ouvrir des droits ne suffit pas si l’offre ne suit pas. À l’EEAP Les Mille Couleurs de Bondy, 40 jeunes sont accompagnés ; lors d’une visite du Département en mai, sa direction indiquait qu’une centaine d’enfants figuraient encore sur la liste d’attente. C’est aussi depuis cette Seine-Saint-Denis-là que la conférence nationale se réunira vendredi.
Sources consultées
- Mon Parcours HandicapConférence nationale du handicap le vendredi 4 septembre 2026
- Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisLe Prisme, l’héritage olympique accessible à toutes et tous
- Caisse nationale de solidarité pour l’autonomieRapport de la branche Autonomie de la Sécurité sociale
- Assemblée nationaleRapport d’information sur les défis de la Seine-Saint-Denis
- Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisAccompagnement défaillant du handicap : le Département en appelle à l’État
- Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisSchéma autonomie : 10 actions qui changent votre vie