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À Montreuil, Albane mesure la santé jusque dans le sang et les cheveux

Des foyers montreuillois tirés au sort participent à Albane, qui combine alimentation, activité physique, examen médical et prélèvements biologiques.

Illustration - Prélèvements et capteur de santé

Certains foyers de Montreuil sont actuellement contactés par Ipsos après avoir été tirés au sort pour Albane, la nouvelle enquête de Santé publique France et de l’Anses. Pour ceux qui acceptent, l’expérience va nettement plus loin qu’un questionnaire : elle passe par plusieurs semaines de suivi et un examen en laboratoire.

Un enquêteur commence par une visite à domicile. Le participant renseigne ensuite sa santé, son logement, son activité physique et son alimentation, avec trois journées de consommation alimentaire tirées au sort. Certains portent aussi un accéléromètre pendant sept jours. Puis viennent la tension, le poids, la force musculaire et les prélèvements : urine, cheveux et, à partir de six ans, prise de sang. Les personnes sélectionnées peuvent retrouver les modalités pratiques et leur espace personnel sur le site officiel de l’enquête Albane.

Aucun de ces outils n’est inédit pris isolément. Albane innove par leur réunion dans un même dispositif. Jusqu’ici, l’Anses étudiait notamment les consommations alimentaires avec les enquêtes INCA, tandis que Santé publique France suivait santé, nutrition et exposition aux substances chimiques avec Esteban. Albane rassemble désormais ces dimensions. Elle doit notamment mesurer l’exposition aux pesticides, bisphénols, phtalates ou PFAS en même temps que l’alimentation, l’activité physique et certains indicateurs de santé.

Le premier cycle, lancé en juin 2025 et prévu jusqu’à décembre 2026, doit réunir plus de 3 000 personnes dans plus de 160 zones de France hexagonale. Surtout, l’opération doit recommencer tous les deux ans avec de nouveaux participants. Cette répétition change la portée de l’outil : elle permettra de comparer les cycles et de voir si des expositions, des comportements ou certains indicateurs de santé évoluent avec le temps.

La méthode dépend cependant d’une condition moins visible que les analyses de sang : obtenir suffisamment de réponses parmi les personnes sélectionnées. Albane cherche à reproduire la diversité de la population selon l’âge, le sexe ou le type de territoire. Si certains profils participent beaucoup moins que d’autres, l’échantillon représente moins fidèlement la population.

Les données recueillies à Montreuil ne donneront donc pas un bulletin de santé propre à la ville. Les foyers montreuillois sont quelques-uns des points d’un échantillon national. Mais pour ceux qui ont trouvé ou trouveront une lettre Albane dans leur boîte aux lettres, le rôle est inhabituel : pendant quelques semaines, leurs repas, leurs mouvements, leur tension, leur sang, leur urine ou leurs cheveux contribueront ensemble à mesurer comment évoluent la santé et les expositions de la population française.

Sources consultées
  1. Ville de MontreuilEnquête Albane : comprendre l'état de santé, les habitudes alimentaires et l'exposition aux polluants environnementaux de la population française
  2. Santé publique FranceAlbane : enquête de santé, biosurveillance, environnement, alimentation et nutrition
  3. Enquête AlbaneQuestions-réponses