Article

À la Haute-Île, des traces humaines vieilles de plus de 10 000 ans

À Neuilly-sur-Marne, l’Archéosite propose des ateliers gratuits du 21 au 30 août sur un site où les fouilles ont révélé plus de 10 000 ans d’occupations humaines.

Reconstitution archéologique à la Haute-Île

À partir du vendredi 21 août, l’Archéosite de la Haute-Île reprend ses ateliers à Neuilly-sur-Marne : initiation à la fouille, manipulation de matériaux et expérimentation de techniques anciennes. Sous ce parc des bords de Marne, les archéologues ont retrouvé des traces d’occupations humaines couvrant plus de 10 000 ans.

Les vestiges eux-mêmes ne sont plus visibles. Ils ont été remblayés pour être protégés. Tout a commencé en 1999, lors de sondages réalisés avant l’aménagement du parc départemental. Des fouilles préventives menées de 2000 à 2004, puis des recherches programmées entre 2011 et 2015, ont notamment révélé quatre tombes mésolithiques.

Une étude publiée en 2020 dans le Bulletin de la Société préhistorique française date ces sépultures de la première moitié du VIIe millénaire avant notre ère. Ses auteurs les identifiaient alors comme la quatrième nécropole mésolithique connue en France, après La Vergne en Charente-Maritime et les sites bretons de Téviec et Hoëdic. D’autres traces montrent que les bords de Marne ont ensuite été fréquentés à plusieurs reprises par des groupes de chasseurs-cueilleurs.

L’Archéosite, ouvert en 2008, a précisément été conçu pour rendre cette histoire invisible à nouveau tangible. Ses médiateurs ne se contentent pas de montrer des objets. Ils invitent le public à reproduire des gestes et expliquent comment les archéologues passent d’une trace dans le sol à une hypothèse sur les modes de vie.

La grande maison néolithique du site illustre bien la méthode, avec une nuance importante : elle n’est pas la reconstruction d’un bâtiment trouvé à la Haute-Île. Son plan vient d’une découverte faite à Vignely, en Seine-et-Marne, une trentaine de kilomètres plus haut dans la vallée de la Marne. Architectes et archéologues s’en sont servis pour donner à voir l’habitat des premiers agriculteurs de la région.

Depuis plus de trente ans, le Département dispose de ses propres archéologues, qui interviennent notamment en amont des travaux et constructions. Creuser pour bâtir peut donc aussi faire surgir ce qui se trouvait là bien avant la ville actuelle. La Haute-Île en est un cas presque parfait : c’est la création du parc qui a déclenché les premières recherches.

Des animations sont prévues les 21, 23, 26 et 28 août, puis le 30 août autour de la vie quotidienne des Gaulois. Ce dernier atelier, animé par Archéologos, prévoit objets de l’âge du fer, médiation en costume et initiation au tissage. Les activités sont gratuites et l’inscription est conseillée ; il est possible de réserver l’atelier consacré aux Gaulois du 30 août.

Dans le parc, rien ne signale aujourd’hui les quatre tombes mésolithiques enfouies sous le sol. C’est justement le travail de l’Archéosite : rendre perceptible, par une maison, un geste ou une poignée de terre, ce que la Marne et ses limons ont conservé pendant des millénaires.

Sources consultées
  1. Département de la Seine-Saint-Denis, ParcsinfosArchéosite : la saison 2026
  2. Département de la Seine-Saint-Denis, Atlas de l’architecture et du patrimoineDécouvrez l’archéosite de la Haute-Île
  3. Caroline Peschaux et al., Bulletin de la Société préhistorique françaiseMesolithic settlement on la Haute-Île in Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis, France): between funerary and domestic functions
  4. Explore ParisAtelier : À la découverte des Gaulois - Archéosite de la Haute-Île