
À Aubervilliers, Le Slip Français ne veut plus seulement vendre ses propres sous-vêtements : il veut aussi fabriquer pour les autres. Ses unités Bonne Nouvelle et Fier(T) doivent produire des slips, des tee-shirts, des sweats ou des polos pour des marques et des entreprises.
L’introduction sur Euronext Growth, annoncée le 14 juillet, a permis de lever 13 millions d’euros, mais 8 millions proviennent de la vente d’actions déjà existantes. L’entreprise reçoit 5 millions d’euros de capital nouveau. Elle prévoit d’en affecter 34 %, soit environ 1,7 million d’euros sur une base brute, à l’achat de machines, aux recrutements et à l’augmentation des capacités de Bonne Nouvelle et de Fier(T). Les montants prévus pour chaque atelier ne sont pas détaillés.
L’équation industrielle se joue à quelques secondes de couture. La confection reste un travail humain, mais Bonne Nouvelle utilise des automates pour certaines tâches répétitives, notamment la préparation, l’assemblage et la fixation des ceintures élastiques. Gagner quelques secondes sur chaque pièce, puis répéter l’opération sur des centaines de milliers de sous-vêtements, vise à réduire le coût de production sans déplacer la confection hors de France. L’entreprise annonce une capacité de plusieurs milliers de pièces par jour.
Le second levier est de remplir les lignes. Une usine consacrée à une seule marque dépend de ses collections et de ses ventes. En cousant aussi pour des clients extérieurs, Le Slip Français cherche à répartir ses machines, ses salariés et ses frais fixes sur davantage de commandes.
La seconde unité, Fier(T), ouverte à Aubervilliers en 2026, confectionne des vêtements personnalisables commandés en série par les entreprises. L’activité compte déjà parmi ses clients Le Coq Sportif, le Téléthon et la Coopérative U. Selon des chiffres fournis par l’entreprise et relayés par la presse spécialisée, plus de 70 sociétés auraient commandé plus de 55 000 pièces en moins de six mois.
Ces premières commandes montrent qu’il existe des acheteurs, sans encore démontrer l’équilibre du modèle. Pour être compétitive, la production française doit réunir des séries assez importantes et éviter de laisser les machines inoccupées. Or le marché reste dominé par les petits prix : 3,6 milliards de vêtements, chaussures et articles de linge neufs ont été vendus en France en 2025, et sept achats sur dix relevaient de l’entrée de gamme.
À Aubervilliers, l’innovation tient à l’organisation de la production : automatiser quelques gestes précis et partager la capacité de confection entre plusieurs donneurs d’ordre. Le test viendra des commandes récurrentes capables de faire tourner Bonne Nouvelle et Fier(T) toute l’année, jusque sur les postes où se coupent, s’assemblent et se cousent les élastiques.
Sources consultées
- EuronextLe Slip Français lists on Euronext
- Le Slip FrançaisBonne Nouvelle
- L’Usine NouvelleUne usine automatisée, partagée et autofinancée : le nouveau défi industriel du Slip Français
- NovethicLe Slip Français se lance en Bourse pour accélérer la réindustrialisation textile française
- RefashionBaromètre 2025 : la consommation de textiles et chaussures continue de croître