
À l’hôpital René-Muret de Sevran, trois marchés ont été notifiés les 22 et 23 juin pour encadrer la construction du futur bâtiment de soins de longue durée : contrôle technique, sécurité du chantier, ordonnancement et pilotage. Ces prestations doivent assurer le contrôle, la sécurité et la coordination du calendrier pendant 32 à 38 mois. Elles ne constituent pas encore le marché de travaux.
L’AP-HP prévoit une ouverture en 2028 et un investissement de 40,6 millions d’euros. Le bâtiment accueillera 90 lits de soins de longue durée, 25 lits de soins médicaux et de réadaptation neurologique, ainsi qu’un hôpital de jour de dix places. Les chambres de long séjour seront majoritairement individuelles et le bâtiment sera relié au plateau de rééducation, lui-même rénové.
L’AP-HP indique que le bâtiment Hamburger regroupe actuellement 90 lits de soins de longue durée et 25 lits de réadaptation neurologique. Le futur édifice doit reprendre ces deux activités, avec dix places d’hôpital de jour supplémentaires. Les 40,6 millions d’euros servent donc d’abord à moderniser l’accueil et l’organisation des soins, plutôt qu’à créer 115 lits de plus.
Une unité de soins de longue durée accueille des personnes âgées qui ont besoin d’un encadrement médical constant et d’une aide dans la vie quotidienne. À René-Muret, l’AP-HP décrit la chambre comme le domicile du patient. En 2019, le Gouvernement reconnaissait déjà que les conditions d’hébergement du site étaient vétustes et inadaptées aux besoins de ces résidents.
Les chambres individuelles, les espaces communs et l’accès direct à la rééducation doivent améliorer le quotidien des patients comme celui des soignants. Ils ne suffiront pourtant pas à garantir que tous les lits seront disponibles : René-Muret a connu en 2019 des fermetures liées au manque de médecins, notamment en gériatrie et en réadaptation. Des murs neufs peuvent rendre un service plus attractif et plus simple à faire fonctionner, mais ils ne recrutent personne.
Les besoins augmenteront dans un département qui reste jeune en moyenne, mais vieillit rapidement. Selon l’Insee, la Seine-Saint-Denis pourrait compter 145 000 habitants de 75 ans ou plus en 2040, contre 84 000 en 2019. Le chantier complète ainsi les investissements hospitaliers déjà engagés dans le département, sans apporter à lui seul une forte hausse de l’offre gériatrique.
Le gain net pourrait venir ensuite du bâtiment Hamburger. Une fois les services transférés, l’AP-HP prévoit de le restructurer en vue d’y accueillir un Ehpad avec un opérateur extérieur. Sa capacité, son financement et son gestionnaire ne sont pas encore annoncés.
À René-Muret, l’échéance de 2028 promet donc d’abord de meilleures chambres et un accès plus direct à la rééducation. Pour l’offre de soins du département, l’effet supplémentaire dépendra ensuite de la capacité finalement retenue dans l’ancien bâtiment Hamburger.
Sources consultées
- Tenders Electronic Daily, Office des publications de l’Union européennePrestations intellectuelles en assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’opération travaux du nouveau bâtiment USLD de René-Muret
- BOAMPPrestations intellectuelles en assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’opération travaux du nouveau bâtiment USLD de René-Muret
- AP-HP, hôpital René-MuretNouveau Bâtiment René-Muret
- SénatAvenir de l’hôpital René-Muret de Sevran
- InseeProjections démographiques de la Seine-Saint-Denis à l’horizon 2040