Le Centre hospitalier de Saint-Denis lance une assistance à maîtrise d’ouvrage pour la climatisation et le rafraîchissement de secteurs d’hospitalisation. L’avis publié au BOAMP ne désigne pas encore une entreprise de travaux. Il ouvre l’étape qui précède: définir les besoins, le périmètre, les contraintes du bâtiment et le futur programme technique.
Dans un hôpital, rafraîchir une chambre ou un service ne ressemble pas à l’achat d’un climatiseur de bureau. Il faut arbitrer entre confort thermique, sécurité sanitaire, consommation électrique, maintenance, circulation de l’air et continuité des soins dans des locaux qui restent occupés. L’assistant à maîtrise d’ouvrage sert précisément à mettre ces choix au clair avant d’engager un chantier plus lourd.
À Saint-Denis, la décision concerne un établissement dont dépend une large partie du nord du département. Le centre hospitalier se présente comme l’unique établissement public de santé du territoire de Plaine Commune, soit 435 000 habitants, avec deux hôpitaux principaux, Delafontaine et Casanova, et 853 lits et places. Il assure des hospitalisations en médecine, chirurgie, gynécologie-obstétrique, gériatrie, pédopsychiatrie, et dispose d’urgences avec SMUR régulé par le Samu 93.
Le contexte local donne à cette mission un relief particulier. Dans son rapport sur les exercices 2017 à 2021, la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France décrit le CHSD comme un hôpital central sur un territoire très exposé à la pauvreté et à la précarité. Elle souligne aussi une dépendance forte aux entrées par les urgences et des séjours classiques dont la durée s’allonge sous l’effet de situations sociales difficiles. Quand les patients restent plus longtemps, la température des chambres n’est plus un détail de fin de parcours: elle devient une condition de séjour, de récupération et de travail.
La canicule rouge dans le 93 a rendu visibles les réponses d’urgence: consignes, équipements, horaires adaptés, vigilance autour des publics fragiles. L’hôpital oblige à regarder une autre temporalité. Le froid ne s’y improvise pas seulement pendant l’alerte météo. Il se programme, s’installe, se nettoie, se surveille, se répare.
Le cadre national n’est d’ailleurs pas nouveau. Depuis l’arrêté du 11 juillet 2005, chaque responsable d’établissement de santé doit définir les locaux à équiper pour le rafraîchissement de l’air en fonction de la taille de l’établissement, de l’occupation des services, du degré de dépendance des patients et de la configuration des bâtiments. Le même texte invite à ne pas penser le froid seul: protections solaires, limitation des apports de chaleur internes, aération nocturne, isolation, choix des zones à équiper, ventilation.
Le marché de Saint-Denis entre dans cette chaîne de décisions techniques. Il ne dit pas encore combien coûteront les travaux, quels services seront traités en priorité, ni à quelle date les patients en verront l’effet. Cette absence est importante, car elle distinguera une correction ciblée d’une adaptation plus large des secteurs d’hospitalisation.
À ce stade, l’hôpital prépare donc le programme plutôt que de bricoler une réponse immédiate. À Delafontaine et Casanova, le rafraîchissement rejoint les sujets de fond du bâtiment hospitalier, avec les réseaux, les chambres, l’énergie et les nuits d’été à tenir.
Sources consultées
- BOAMPAvis n° 26-64807, Assistance à maîtrise d’ouvrage pour la climatisation et le rafraîchissement des secteurs d’hospitalisation du Centre hospitalier de Saint-Denis
- Centre hospitalier de Saint-DenisPrésentation
- Chambre régionale des comptes d’Île-de-FranceCentre hospitalier de Saint-Denis, exercices 2017 et suivants, rapport d’observations définitives
- LégifranceArrêté du 11 juillet 2005 fixant les dispositions à respecter pour le rafraîchissement de l’air dans les établissements de santé