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À Saint-Denis, le bassin de la Maltournée teste l’après-Jeux

Réaménagé pour Paris 2024, ce bord du canal Saint-Denis révèle la partie moins visible de l’héritage olympique : usages, entretien et autorisations.

Bord du canal Saint-Denis

Au bassin de la Maltournée, à Saint-Denis, le chantier est déjà derrière les Jeux. Le lieu, près de la porte de Paris et du Stade de France, a été réaménagé pour rendre le bord du canal plus accessible, mieux planté et plus clair entre piétons et cyclistes.

La question de 2026 se pose après la livraison : que devient cet espace maintenant que les Jeux sont passés ?

Le morceau traité à la Maltournée couvre environ 8 600 m². Les documents de projet prévoyaient trois nouveaux escaliers, un accès pour la maintenance et les événements, une grande pelouse ouverte vers le canal, une bande cyclable mieux séparée et un quai réservé davantage aux piétons. Sur ce point, l’aménagement répondait à un problème simple : l’endroit était beau, mais enclavé, coincé entre le canal, l’avenue du Président-Wilson et les infrastructures routières.

Il ne faut pas isoler la Maltournée comme un petit parc municipal. Elle fait partie de l’opération olympique du canal Saint-Denis, portée par Plaine Commune, sur un linéaire discontinu de 1,8 km en rive droite, entre Aubervilliers et Saint-Denis. La chambre régionale des comptes évalue l’ensemble de l’opération canal à 36,6 millions d’euros TTC à terminaison. Dans ce total, la rive droite et la courbe du Cornillon sont évaluées à 10,9 millions d’euros TTC. Le coût propre du seul bassin de la Maltournée n’est pas publié séparément.

Voilà ce que le bassin raconte bien : un bord d’eau n’est pas seulement un décor. Le canal Saint-Denis appartient au réseau fluvial de la Ville de Paris, avec ses 6,6 km, ses sept écluses, sa navigation de fret, ses bateaux de loisirs et ses promeneurs. À Saint-Denis, Plaine Commune aménage, Paris possède le canal, la Ville programme des usages, la préfecture intervient dès qu’il s’agit de baignade ou de sécurité. Un lieu agréable naît parfois d’un puzzle très administratif.

L’été 2025 a donné un aperçu de ce que ce puzzle peut produire. Le 31 août, la Ville de Saint-Denis a autorisé une baignade éphémère dans le bassin, présentée comme la première dans le canal Saint-Denis, avec une piscine flottante de 25 m sur 15 m et des jeux d’eau. Pendant quelques heures, l’ancien espace de passage a servi à autre chose qu’à longer le canal.

La continuité n’est pas acquise. Le Parisien a rapporté le 22 juin 2026 que la baignade prévue cet été au bassin semblait compromise, la préfecture indiquant qu’aucun projet n’avait été déposé par la ville. Cela ne retire rien au réaménagement, mais cela fixe la limite : végétaliser, éclairer et ouvrir une berge est une chose ; y organiser régulièrement la baignade en est une autre.

La Maltournée dit assez bien ce que devient l’après-Jeux quand la fête s’éloigne. L’investissement a transformé un recoin de canal en lieu de pause, de passage et d’événements. Sa réussite dépend désormais de choses moins visibles : l’entretien, les conflits d’usage, les autorisations, la navigation, la sécurité, la qualité de l’eau, la capacité à programmer sans privatiser.

Pour l’instant, le bassin a gagné en lisibilité. Cette rive n’est plus seulement un passage le long du canal ; elle peut devenir un endroit où l’on reste, si les usages suivent la pelouse, les quais et l’eau de la Maltournée.

Sources consultées
  1. Commune nouvelle de Saint-DenisBassin de la Maltournée
  2. MRAe Île-de-France / DRIEATAvis sur le projet d’aménagement de la rive droite du canal Saint-Denis à Saint-Denis et Aubervilliers
  3. Chambre régionale des comptes Île-de-FranceJeux olympiques et paralympiques 2024 : établissement public territorial Plaine Commune
  4. Commune nouvelle de Saint-DenisUn Dernier Plouf avant la rentrée
  5. Le ParisienLa baignade dans le canal Saint-Denis, ce ne sera pas pour cet été
  6. Ville de ParisGuide plaisance, réseau fluvial de la Ville de Paris