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À Lafargue-Parmentier, la rénovation urbaine travaille une bordure de Pierrefitte

Au nord de Pierrefitte, deux barres doivent être remplacées par 114 logements et des espaces publics, dans une petite opération NPNRU.

Illustration de logements à Pierrefitte

Au nord de l’ancienne Pierrefitte-sur-Seine, devenue commune déléguée de Saint-Denis, Lafargue-Parmentier tient dans 2,2 hectares, à la limite de Sarcelles et de Stains. Plaine Commune y prépare la reprise d’un petit îlot de logements usés, très isolé, pour améliorer ses accès, ses traversées et ses espaces publics.

Le programme prévoit de remplacer deux barres appartenant à CDC Habitat par 114 logements neufs, dont des maisons de ville, en accession ou en location. Les espaces verts doivent être conservés, deux placettes créées, et la rue principale réaménagée pour calmer la circulation et mieux accueillir les déplacements à pied ou à vélo. Le calendrier municipal vise un horizon 2029; la concession d’aménagement confiée à Séquano court, elle, de 2023 à 2030, avec un budget d’opération affiché à 4,7 millions d’euros.

La décision la plus lourde a été prise avant les grues: ne pas rénover les barres, mais les démolir. En 2021, le magazine municipal de Pierrefitte décrivait des logements très dégradés, des façades vétustes, un fort enclavement et un relogement engagé comme condition préalable au chantier. Le choix dit bien la nature du dossier. Lafargue-Parmentier n’est pas une opération de densification massive. On ne rase pas 120 logements pour en annoncer 500. On change la forme, les accès et le rapport entre les bâtiments et la rue.

Avant le chantier visible, il faut une concession, des études de sol, des diagnostics environnementaux, des négociations foncières, des marchés, une maîtrise d’œuvre, puis des autorisations. Séquano indique avoir lancé les premières étapes en 2024: premiers marchés, études géotechniques, environnementales et hydrologiques, premières négociations. Le compte rendu annuel d’activité 2024 de l’opération a ensuite été soumis au Conseil de territoire de Plaine Commune en novembre 2025. En 2025, la mission de maîtrise d’œuvre urbaine a été attribuée, selon Cadre de Ville, à l’équipe localbanal.

Ce rythme administratif peut paraître lointain pour les habitants. Il explique pourtant pourquoi les transformations de quartier prennent des années. Le chantier visible n’est que la dernière partie d’un système où l’ANRU fixe le cadre national, Plaine Commune porte l’aménagement, la Ville tient la relation locale, le bailleur traite les logements et l’aménageur coordonne les pièces techniques. À l’échelle de Plaine Commune, le NPNRU représente 14 quartiers et un investissement attendu de 2,3 milliards d’euros. Lafargue-Parmentier en est une petite pièce, distincte du plus vaste dossier des Fauvettes-Joncherolles, mais elle raconte la même mécanique de longue durée.

Le projet mérite donc d’être suivi sobrement. S’il réussit, ce sera moins par le nombre de logements livrés que par la qualité des cheminements, des placettes, des relogements et d’une rue mieux partagée. Sur ce bord nord de Pierrefitte, la promesse tient dans une mesure simple: que Lafargue-Parmentier cesse d’être un morceau de ville contourné.

Sources consultées
  1. Commune nouvelle de Saint-Denis2021-2029 : la rénovation du quartier Lafargue-Parmentier
  2. SéquanoNPNRU Lafargue/Parmentier
  3. SéquanoFiche opération NPNRU Lafargue/Parmentier
  4. Plaine CommuneConseil de Territoire du 18 novembre 2025, CRACL 2024 NPNRU Lafargue Parmentier
  5. Cadre de VillePierrefitte-sur-Seine : le NPNRU Lafargue-Parmentier entre les mains de l’équipe localbanal