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En Seine-Saint-Denis, 21 millions d’euros pour mieux connaître le réseau sous la rue

Le Département a attribué un accord-cadre de 21 millions d’euros HT pour inspecter son réseau d’assainissement et repérer les mauvais branchements.

Illustration - réseau souterrain d’assainissement

Le Département de la Seine-Saint-Denis a attribué, le 11 juin 2026, deux lots pour améliorer la connaissance de son réseau d’assainissement. L’accord-cadre court sur quatre ans et peut atteindre 21 millions d’euros HT: 15 millions pour les ouvrages difficiles d’accès, 6 millions pour les raccordements domestiques.

Le mot “connaissance” paraît sage. Il désigne pourtant un travail très physique: aller voir l’état de collecteurs, canalisations, émissaires, dalots, puits, regards, bassins ou branchements, y compris quand ils sont non visitables, en service ou difficiles à atteindre. Le marché prévoit des inspections robotisées, des diagnostics, des préconisations de travaux et l’intégration progressive des résultats dans la base de données géographique de la Direction de l’eau et de l’assainissement.

Le Département ne commande pas seulement des études. Il achète de la mémoire exploitable pour un sous-sol dont dépendent les chantiers, les rues, les habitants et la qualité de l’eau.

La Seine-Saint-Denis possède un réseau départemental d’environ 700 kilomètres, au service de 40 communes. Ce réseau reçoit les eaux venues des réseaux communaux, les transporte vers les ouvrages du SIAAP et peut aussi jouer un rôle de stockage ou d’évacuation lors des pluies. Dans un département aussi dense, chaque requalification de voirie, chaque projet de transport, chaque opération urbaine peut croiser un ouvrage d’assainissement que l’on connaît mal ou que l’on découvre trop tard.

Le cahier des charges donne les situations où ces investigations peuvent être déclenchées: infiltration ou exfiltration suspectée, fragilité structurelle après sinistre ou effondrement de chaussée, coordination avec une ville, un EPT, la RATP, la SNCF, la Société des grands projets, ou préparation de travaux d’investissement. Autrement dit, la connaissance du réseau sert à éviter que le chantier ne devienne une découverte tardive sous la chaussée.

Le deuxième lot rend le sujet encore plus concret. Il porte sur les mauvais raccordements au réseau départemental, avec des enquêtes à la parcelle. Une évacuation branchée du mauvais côté peut envoyer des eaux sales vers le milieu naturel, ou ajouter de l’eau parasite dans un réseau qui n’en a pas besoin. Le marché relie explicitement ces enquêtes aux obligations de qualité des masses d’eau, à la conformité du système de collecte et aux objectifs de baignade en Seine.

C’est aussi ce qui distingue ce sujet d’un grand ouvrage comme l’émissaire Clichy-La Briche. Un tunnel ou un bassin se raconte par sa taille. Ici, l’utilité se joue dans l’accumulation: un branchement vérifié, un collecteur ausculté, un défaut localisé, une réparation mieux programmée.

Le marché ne dit pas encore quelles communes ou quels secteurs seront traités en premier. Mais il montre une priorité assez nette: en Seine-Saint-Denis, l’assainissement ne commence pas toujours par construire davantage. Il commence souvent par savoir exactement ce qui existe déjà sous la chaussée, avant que l’eau, les travaux ou la prochaine pluie ne le rappellent à tout le monde.

Sources consultées
  1. OpenProcurements / avis TED reprisAssistance à maîtrise d’ouvrage pour l’amélioration de la connaissance du réseau d’assainissement départemental
  2. Département de la Seine-Saint-DenisRapport annuel sur le prix et la qualité du service de l’assainissement
  3. Observatoire Sispea / EaufranceConseil départemental de la Seine-Saint-Denis - assainissement collectif
  4. AltereoCD93 - DEA - SIG ASS