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À Pantin, Côté Court donne une salle au cinéma bref

La 35e édition de Côté Court s’est achevée au Ciné 104, où Pantin offre au court-métrage un lieu, un public jeune et une transmission.

Illustration - cinéma public et courts-métrages

Le court-métrage a de nouveau occupé le Ciné 104 pendant dix jours. La 35e édition de Côté Court s’est tenue à Pantin du 3 au 13 juin 2026, avec 187 films programmés dans 12 sections. Pour un format souvent cantonné aux marges du long métrage, c’est une place entière dans la salle, dans le calendrier et dans la ville.

Cette édition marquait aussi un passage. Elle était la dernière dirigée par Jacky Évrard, fondateur du festival et ancien directeur-programmateur du Ciné 104 dès son ouverture en 1987. Au départ, il y avait des soirées de courts-métrages, une par trimestre. Puis le festival d’Épinay-sur-Seine s’est arrêté en 1992. Le Département a poussé Pantin à transformer cette habitude en rendez-vous durable, avec une idée simple : permettre à ces films d’être vus, discutés et prolongés par d’autres projets.

Trente-cinq ans plus tard, Côté Court reste fidèle à cette intuition. Évrard dit avoir reçu 2 138 films pour l’édition 2026 et en avoir vu environ 500 personnellement, avec l’appui de comités de présélection. Le festival ne se contente donc pas d’empiler des séances. Il regarde, trie, remet en salle des films peu diffusés, expérimentaux, débutants ou déjà signés, qui auraient vite disparu dans le flux des images.

Le Ciné 104 donne à ce travail une adresse précise : 104 avenue Jean-Lolive, trois salles, un vaste hall, un bâtiment ouvert en 1987 dans l’ancienne salle des fêtes de Pantin, sur le site de l’ancien hôtel de ville. Le cinéma appartient au réseau public d’Est Ensemble et porte plusieurs labels Art et Essai, notamment Recherche et Découverte, Jeune public et Patrimoine. Pendant Côté Court, ce n’est pas seulement un écran de projection. C’est un lieu de rencontres, de jurys, de pitchs, d’ateliers et de premiers contacts avec les métiers du cinéma.

La programmation 2026 a gardé cette largeur : fiction, essai, art vidéo, prospective cinéma, clips, jeune public, séances professionnelles, films soutenus par le CNC ou produits par le GREC. Des élèves de Pantin y entrent aussi par les coulisses. Deux classes de primaire participent au parcours “Le Festival et moi” : projections, rencontre avec un réalisateur ou une réalisatrice, création d’affiches, puis présentation de leur travail aux autres classes pendant le festival.

Cette dimension locale n’est pas décorative. Jacky Évrard estime aujourd’hui la fréquentation au-delà de 15 000 spectateurs, avec 28 % d’entrées pantinoises et un public très jeune. Dans un département où les cinémas publics comptent beaucoup pour l’accès aux images, Côté Court ajoute autre chose : l’apprentissage du regard, la curiosité pour des noms inconnus, le droit de prendre au sérieux un film de quelques minutes.

À Pantin, le court-métrage n’est pas traité comme un petit cinéma. Il a son public, ses élèves, ses jeunes réalisateurs, ses habitués, son fondateur qui passe la main et une maison qui le retrouve chaque mois de juin : le Ciné 104.

Sources consultées
  1. Côté CourtÉdition 2026
  2. Département de la Seine-Saint-Denis35 ans, c’est trop court!
  3. CNCLe CNC au Festival Côté Court de Pantin 2026
  4. Ciné 104Votre cinéma Ciné 104 à Pantin
  5. Côté CourtLe Festival et moi