Plaine Commune reprend la gestion du centre nautique Marlène-Peratou, rue Édouard-Poisson à Aubervilliers. Le changement arrive alors que l’ancienne piscine municipale est fermée après un incident, avec des abonnés réorientés vers le centre aquatique Camille-Muffat.
Marlène-Peratou n’est pas une petite piscine de quartier. Le site compte un bassin d’apprentissage, un bassin de compétition, une fosse de plongée et trois plongeoirs. Il a aussi une épaisseur locale: il porte le nom de Marlène Peratou, ancienne présidente du club de natation d’Aubervilliers, habitante engagée de la cité Firmin-Gémier, morte en 2010.
La reprise en gestion confie surtout à Plaine Commune un équipement difficile à faire tourner. Une piscine, ce n’est pas seulement un bassin et des horaires. C’est du personnel, de l’énergie, de la sécurité, des scolaires, des clubs, des lignes d’eau, des vestiaires, des pompes, des abonnements et une fermeture qui se reporte aussitôt sur un autre bassin.
La Ville avait déjà lancé, en 2025, une mission de programmation et d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la restructuration globale de Marlène-Peratou. L’accord-cadre était estimé à 330 000 € hors taxes, avec une tranche ferme de sept mois pour établir le programme, puis une tranche optionnelle de 54 mois pour accompagner l’opération. Le cahier des charges demandait un état des lieux technique et fonctionnel, des scénarios de remise à niveau après incendie, ainsi qu’un travail sur la sécurité, l’accessibilité, l’amiante, les usages, l’énergie et la maintenance. Le coût des travaux eux-mêmes et la date de réouverture ne sont pas affichés à ce stade sur les pages municipales consultées.
Ce passage à l’échelle de Plaine Commune n’est donc pas un simple détail de gouvernance. Le territoire a commencé à reprendre des équipements aquatiques d’intérêt territorial après les Jeux olympiques et paralympiques, dans un mouvement qui doit doubler la surface de bassins publics. À Aubervilliers, cette logique croise un cas très concret: une vieille piscine fermée, un centre Camille-Muffat flambant neuf, et une organisation de la natation scolaire qui ne tire pas encore pleinement parti des bassins disponibles.
La chambre régionale des comptes a pointé cette tension dans son rapport sur la piscine Camille-Muffat. Elle relève que seuls 38 % des enfants scolarisés dans les écoles primaires d’Aubervilliers bénéficient de cours de natation, et que les créneaux scolaires ne sont utilisés qu’à 34,7 % de la capacité réelle des équipements. Dans un département où le Plan Savoir-Nager revient régulièrement dans l’actualité, cette sous-utilisation compte autant que la construction de nouveaux bassins.
La reprise par Plaine Commune donne une échelle plus cohérente à ce casse-tête. Elle ne répare pas seule Marlène-Peratou et ne dit pas encore comment seront arbitrés les créneaux entre écoles, clubs, nageurs libres et activités municipales. Mais elle place désormais l’équipement dans un réseau où les décisions doivent répondre à une question simple: comment faire circuler les usages entre les piscines, au lieu de laisser chaque fermeture devenir un problème isolé.
Pour les habitants d’Aubervilliers, le résultat se vérifiera dans un lieu très précis: la porte de Marlène-Peratou, rue Édouard-Poisson, et les lignes d’eau qui pourront à nouveau y être ouvertes.
Sources consultées
- Plaine CommunePlaine Commune acquiert la gestion du centre aquatique Marlène Peratou
- Ville d’AubervilliersCentre nautique municipal Marlène Peratou
- MarchésOnline / JOUEMission de programmation et d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la restructuration globale du centre nautique Marlène Peratou
- Chambre régionale des comptes Île-de-France / Cour des comptesJeux olympiques et paralympiques Paris 2024: commune d’Aubervilliers, la piscine à dimensions olympiques
- Chambre régionale des comptes Île-de-France / Cour des comptesJeux olympiques et paralympiques 2024: établissement public territorial Plaine Commune