À huit heures, il suffit d’un trottoir barré, d’un arrêt de bus déplacé et d’un camion en attente pour qu’un chantier sorte de son enclos. La rue continue de vivre, mais par détours.
C’est cette circulation autour des palissades que le Département de la Seine-Saint-Denis veut de nouveau mesurer et organiser. Un avis publié le 3 juin 2026 lance un marché d’assistance technique consacré à “l’analyse des impacts des chantiers sur les mobilités” et à “l’optimisation des flux de déplacement”.
La question est simple: comment faire tenir les déplacements ordinaires dans un département où les chantiers et les transformations de voirie se multiplient ? La mission doit reprendre et animer la “démarche circulation”, mise en œuvre depuis 2020. Le marché est prévu pour quatre ans, avec un minimum de 500 000 euros hors taxes et un maximum de 1,5 million d’euros hors taxes. Les offres sont attendues jusqu’au 6 juillet 2026 à midi, pour un démarrage prévu le 1er octobre.
En Seine-Saint-Denis, les détours ont peu d’espace pour se diluer. Le département comptait 1,68 million d’habitants en 2022 sur 236 km². Quand une fermeture de voie, une base de chantier ou une déviation tombe au mauvais endroit, elle ne touche pas seulement les automobilistes. Elle peut déplacer un bus, casser une continuité cyclable, compliquer une livraison, rallonger un trajet d’école ou rendre un trottoir illisible.
La mission n’annonce pas un nouveau grand chantier. Elle porte sur ce qui permet aux autres chantiers de moins désorganiser ce qui les entoure: centraliser les informations, cartographier les points sensibles, repérer les conflits entre travaux, suivre les flux, produire des avis techniques et préparer des mesures d’accompagnement.
L’offre d’emploi publiée pour un poste de chargé d’études “démarche circulation” donne une idée de cette mécanique discrète: échanges de données, comités de coordination inter-chantiers, observatoire des déplacements, régulation du trafic, prise en compte des différents modes. En clair, il faut regarder la rue comme un système complet, pas comme une simple succession de barrières orange.
Cette vigilance devient plus importante à mesure que la voirie change de rôle. Le 93 doit absorber les grands projets, les opérations urbaines, les travaux de transport et ses propres choix de mobilité, comme le plan vélo départemental de 150 millions d’euros. Une voie en travaux n’est donc plus seulement une voie réduite. C’est parfois un bus à maintenir, un itinéraire cyclable à protéger, un piéton à guider et un accès riverain à maintenir.
Le marché public ne promet pas des trajets miraculeusement fluides. Il dit plutôt ceci: dans un département dense, un chantier réussi ne se mesure pas seulement à ce qui avance derrière les barrières. Il se mesure aussi au trottoir qui reste compréhensible, au bus qui passe encore et au détour qui ne transforme pas tout un quartier en entonnoir.
Sources consultées
- TED / BOAMPAvis 380532-2026 / BOAMP 26-53647, “Assistance technique pour l’analyse des impacts des chantiers sur les mobilités et optimisation des flux de déplacement”
- Choisir le service publicCharge d’études démarche circulation (h/f) - Département de Seine-Saint-Denis
- InseeComparateur de territoires - Département de la Seine-Saint-Denis (93)
- Département de la Seine-Saint-DenisPistes cyclables : la Seine-Saint-Denis maillot jaune