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À Pantin, les chantiers commencent sous la rue

Un marché public de 700 000 euros rappelle qu’à Pantin, carrières, gypse et risques de sous-sol pèsent sur les projets urbains.

Sous-sol surveillé à Pantin

À Pantin, un projet de travaux peut commencer par une question simple: que sait-on du terrain sous la parcelle? Dans une ville dense, déjà très construite, la réponse peut changer un calendrier, un permis, un budget ou la nécessité de conforter le terrain.

La mairie vient de publier un marché d’assistance technique pour suivre les risques naturels liés aux sous-sols. Le contrat, plafonné à 700 000 euros hors taxes, pourra durer jusqu’à quatre ans. Les offres sont attendues le 23 juin 2026.

Le marché ne signale pas un danger immédiat. Il sert surtout à mobiliser les bons experts au moment où les questions apparaissent: avant des travaux, pendant l’instruction d’un projet, après un doute sur une parcelle ou lorsqu’un incident impose de vérifier ce qui se passe dessous.

À Pantin, cette prudence a des raisons très locales. La commune porte l’héritage d’anciennes carrières et de l’extraction du gypse, utilisé pour produire du plâtre. L’Inspection générale des carrières rappelle que le gypse y a été exploité sur plusieurs niveaux, avec des cavités parfois mal connues, non visitables ou insuffisamment consolidées. Elle indique aussi que l’ensemble de la commune est concerné par la dissolution du gypse antéludien, un phénomène capable de créer des vides dans les couches profondes.

Les chiffres montrent que le sujet n’est pas théorique. En 2023, l’Inspection générale des carrières a traité 355 demandes de renseignements pour Pantin, rendu 74 avis sur des projets, contrôlé 6 chantiers et délivré 4 récépissés de travaux de confortation. Elle est aussi intervenue sur un incident lié au sous-sol.

Depuis juillet 2023, Pantin partage avec Les Lilas et Le Pré-Saint-Gervais un plan de prévention des risques naturels liés aux anciennes carrières. Le document n’empêche pas la ville d’évoluer. Il oblige surtout les projets situés dans les secteurs exposés à partir du terrain réel, pas d’une carte blanche.

Pantin n’est pas un cas isolé. En Île-de-France, anciennes carrières et gypse expliquent une partie des plans de prévention liés aux mouvements de terrain: la DRIEAT en comptait 45 après l’approbation du plan de Bagnolet en 2025. Mais le marché pantinois ramène ce sujet régional à une mécanique très quotidienne: cartes, avis, sondages, prescriptions, puis travaux.

Pour les habitants, cela ne prendra pas forcément la forme d’un grand chantier visible. Ce sera plutôt une étude demandée avant un projet, une prescription technique sur une parcelle, un délai mieux anticipé, parfois un coût prévu avant qu’il ne tombe au mauvais moment. À Pantin, avant de refaire la ville en surface, il faut d’abord savoir ce que la rue cache sous ses pieds.