À Tremblay-en-France, l’entrée de l’Hôtel de Ville a son propre lot dans le nouveau marché de sécurité de la commune. Pas une ligne noyée dans un contrat général: un poste identifié, chiffré, commandable selon les besoins.
La Ville vient de publier un appel d’offres pour la surveillance et la sécurisation de ses bâtiments et manifestations. L’enveloppe estimée atteint 3,4 millions d’euros hors taxes sur 48 mois, à partir de l’automne 2026. Le marché est découpé en trois lots: la surveillance quotidienne par maîtres-chiens, la sécurité des manifestations et bâtiments municipaux, et l’entrée de l’Hôtel de Ville.
Le mécanisme est celui d’un accord-cadre à bons de commande. Autrement dit, la commune ne commande pas une seule opération: elle se dote d’une capacité mobilisable au fil de l’année. Les plafonds annuels donnent l’échelle: 350 000 euros pour les maîtres-chiens, 350 000 euros pour les manifestations et bâtiments municipaux, 150 000 euros pour l’entrée de la mairie.
Ce découpage éclaire une part discrète de la vie locale. Une salle ouverte, une fête municipale, un bâtiment accessible au public supposent parfois des rondes, une présence à l’accueil, du filtrage ou simplement des agents capables de signaler un problème. Quand tout se passe bien, personne ne vient remercier le bon de commande.
La distinction avec la police municipale reste essentielle. À Tremblay, celle-ci intervient sur le domaine public, les bâtiments communaux, les abords des écoles ou encore le respect des arrêtés du maire. Une entreprise privée, elle, n’a pas de pouvoir de police: elle surveille, sécurise, alerte. Le code de la sécurité intérieure rappelle d’ailleurs que l’autorisation d’exercer ne donne aucune prérogative de puissance publique.
Le sujet dépasse un peu Tremblay, sans changer de nature. France Travail et le CNAPS soulignaient en mai que la sécurité privée compte plus de 210 000 salariés en France, dont 43 % en Île-de-France. Pour une commune, le marché n’est donc pas seulement une dépense: c’est aussi la recherche d’un prestataire capable de tenir des sites, des horaires et des pics d’activité dans un secteur très sollicité.
Tremblay avait déjà attribué des marchés proches en 2022. Le nouvel appel d’offres confirme la place prise par ce gardiennage ordinaire dans le fonctionnement municipal. Ouvrir un lieu public, ce n’est pas seulement tourner une clé. C’est aussi prévoir qui reste devant la porte.