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Aux Francs-Moisins, rénover sans faire sortir les habitants

À Saint-Denis, Plaine Commune Habitat prépare la réhabilitation thermique et technique de 346 logements occupés aux Francs-Moisins.

Illustration - Immeubles des Francs-Moisins en rénovation

Aux Francs-Moisins, la rénovation ne se fera pas seulement derrière des palissades. Elle passera par des cages d’escalier, des gaines techniques, des fenêtres, des parties communes et des appartements où les habitants continueront de vivre pendant les travaux.

Plaine Commune Habitat a lancé un marché pour la réhabilitation thermique et technique de 346 logements dans les bâtiments 6 et 7 de la cité, à Saint-Denis. Le bâtiment 6 concerne les 97, 99, 101, 103, 105, 107, 109 et 111 rue Danielle-Casanova. Le bâtiment 7 s’étend du 2 au 24 rue de Lorraine.

Le cœur du dossier tient en deux mots : site occupé. Les immeubles ne seront pas vidés avant le passage des entreprises. Pour les locataires, la rénovation se mesurera donc dans des choses très ordinaires : l’accès au hall, les rendez-vous dans les logements, la poussière, le bruit, les informations affichées, la durée réelle du chantier et, à la fin, le confort gagné.

L’avis de marché annonce une intervention sur l’enveloppe des bâtiments, les équipements techniques, les logements et les parties communes. Le programme vise aussi une certification NF Habitat et un objectif BBC Effinergie 2021, c’est-à-dire une rénovation pensée pour améliorer la performance énergétique, pas seulement améliorer l’apparence des bâtiments.

Cette opération s’inscrit dans un quartier déjà engagé dans une transformation plus large. Aux Francs-Moisins, le renouvellement urbain prévoit démolitions, constructions neuves et réhabilitations. Mais ici, le sujet est plus intime qu’un plan de quartier : il touche des appartements habités, des pièces froides ou trop chaudes, des salles de bains ventilées ou non, des charges que les ménages regardent de près.

Ce type de chantier dépasse le seul confort local. Le parc social compte proportionnellement moins de passoires énergétiques que le parc privé, mais les dernières données publiques en recensent encore environ 300 000, soit 5,8 % du parc locatif social. Pour un bailleur, rénover ces logements n’est pas seulement améliorer un bilan énergétique. C’est préserver des logements abordables qui restent réellement vivables.

Reste ce que l’avis de marché ne règle pas encore : le calendrier précis, l’organisation des interventions, l’accompagnement des habitants et les gains attendus dans les appartements. Aux Francs-Moisins, la réussite ne se verra pas seulement depuis la rue. Elle se vérifiera un hiver dans une chambre, un été dans un salon, et peut-être dans un hall où l’affiche de travaux aura enfin disparu.