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À Plaine Commune, les arbres de rue devront surtout survivre

Plaine Commune lance un marché pour planter, entretenir et reprendre des arbres de voirie sur son territoire.

Jeune arbre de voirie

Un arbre de trottoir commence souvent par une scène modeste: un carré de terre découpé dans le bitume, un tuteur, une grille, parfois un sac d’arrosage. Il promet déjà de l’ombre. Dans la rue, il doit encore survivre.

Plaine Commune vient de lancer un marché public pour des travaux de plantation, d’entretien et de reprise d’arbres en voirie sur tout son territoire, de Saint-Denis à Aubervilliers, de Stains à L’Île-Saint-Denis. La consultation, publiée sur la plateforme Maximilien, porte sur un accord-cadre de travaux d’une durée estimée à 42 mois. Les offres sont attendues jusqu’au 24 juin 2026 à midi.

Le détail n’est pas anodin. Le marché ne parle pas seulement de plantation, mais aussi d’entretien et de reprise. Dans le langage des espaces verts, la reprise désigne le moment où l’arbre planté s’installe vraiment: les racines repartent, le sujet passe les premières saisons, il ne reste pas une promesse sèche au bord du trottoir.

Plaine Commune connaît bien ce risque. Son Plan Arbre évoque environ 10% de non-reprise après plantation. Il fixe aussi un cap: plus de 20 000 arbres supplémentaires entre 2020 et 2030 sur l’espace public, avec l’objectif de faire passer le taux de canopée du territoire de 13% à 16%. Le plan prévoit de remplacer dans l’année les arbres morts ou abattus, de désimperméabiliser les pieds d’arbres et de diversifier les essences.

Sur le papier, l’objectif est clair. Dans la rue, il se heurte à des choses très ordinaires: trottoirs étroits, réseaux enterrés, sols compactés, stationnement, chantiers, chaleur qui remonte du bitume. L’Apur a identifié à Plaine Commune un réseau de 181 km de parcours de fraîcheur, dont 120 km gérés par l’établissement public territorial. Il relève aussi des secteurs où les rues d’école et les secteurs peu végétalisés appellent des interventions locales.

Ce marché dit donc quelque chose de très concret sur l’adaptation climatique. L’ombre ne sort pas seulement d’un plan stratégique. Elle dépend d’entreprises capables de préparer les fosses, planter correctement, arroser, protéger, entretenir et remplacer quand il le faut.

Pour les habitants, le changement ne sera pas toujours spectaculaire au début. Un jeune arbre ne rafraîchit pas une rue en un été. Mais s’il tient, s’il pousse, s’il n’est pas oublié après l’inauguration, il finit par faire le travail que personne ne peut faire à sa place: se mettre entre le soleil et le trottoir.