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À Aubervilliers, le futur siège de l’EPHE avance par ses marchés invisibles

Un marché d’assurance marque une nouvelle étape pour le futur siège de l’EPHE sur le Campus Condorcet, à Aubervilliers.

Bâtiment universitaire à Aubervilliers

Au nord du Campus Condorcet, à Aubervilliers, le futur siège de l’École pratique des hautes études n’a pas encore la présence d’un bâtiment public. Pour l’instant, il existe surtout dans des marchés: travaux, assurances, garanties, risques de chantier. C’est moins photogénique qu’une grue, mais souvent plus révélateur.

Campus Condorcet a publié en mai un marché d’assurances lié à l’opération. La consultation porte sur deux protections: l’une pour les dommages de construction et la responsabilité décennale, l’autre pour les risques du chantier lui-même. Les offres sont attendues jusqu’au 17 juin.

Ce n’est pas une inauguration en approche, ni une annonce spectaculaire. Mais ce n’est pas non plus un simple bruit administratif. Quelques semaines plus tôt, le marché de travaux du futur bâtiment avait déjà été lancé, avec douze lots et une valeur estimée à 22,1 millions d’euros hors taxe. Le dossier entre donc dans une phase où l’on ne parle plus seulement de programme et d’architecture, mais de chantier à couvrir, d’entreprises à retenir et de risques à encadrer.

Le bâtiment doit prendre place sur le site d’Aubervilliers du Campus Condorcet. L’opération représente environ 8 000 m² de surface de plancher, pour un coût global annoncé à 37,5 millions d’euros. Les travaux sont prévus de 2026 à 2028, avec une livraison attendue en 2028.

Pour l’EPHE, l’enjeu est assez simple à comprendre: rassembler. L’école doit y regrouper une partie importante de ses personnels administratifs, techniques, enseignants-chercheurs, étudiants et fonds documentaires aujourd’hui dispersés dans plusieurs implantations parisiennes. Certaines équipes resteront ailleurs, notamment en province et dans le Pacifique, mais le centre de gravité francilien de l’établissement se déplacera nettement vers Aubervilliers.

Le futur siège ne sera pas seulement un immeuble de bureaux universitaires. Le programme prévoit aussi des salles de cours et de séminaire, un auditorium de 150 places et une salle polyvalente à vocation sportive et culturelle. À l’échelle d’un campus, ces espaces comptent: on y vient travailler, suivre un séminaire, traverser le site, rester après un cours, croiser d’autres équipes.

L’intérêt local du marché tient à cela: derrière une consultation très sèche, c’est un morceau supplémentaire du campus qui s’organise. Campus Condorcet ne s’est pas installé d’un seul coup. Depuis son ouverture à Aubervilliers, il avance par bâtiments, services, cheminements et chantiers successifs. Le site compte déjà près de 100 000 m² d’équipements construits. D’autres pièces doivent encore s’ajouter, dont le futur bâtiment de l’EPHE, puis celui de l’EHESS et de la Fondation Maison des sciences de l’homme à l’horizon 2030.

Le projet retenu pour l’EPHE, porté par Explorations Architecture et Atelier Téménides, prévoit notamment un accès depuis le cours des Humanités par une passerelle, un jardin en contrebas, une terrasse plantée et l’usage de matériaux biosourcés comme le bois massif, la terre-chaux et le béton de chanvre. Ces éléments ne suffisent pas à dire ce que le bâtiment donnera une fois habité. Mais ils indiquent déjà l’ambition: ajouter un lieu de travail et de transmission sans fabriquer un bloc fermé sur lui-même.

Le marché d’assurance ne dit pas quand les premiers étudiants s’assoiront dans l’auditorium, ni quand les cartons de l’EPHE quitteront leurs bureaux parisiens. Il dit autre chose, plus discret: le futur siège a quitté le registre des intentions. Il entre dans celui des chantiers qu’il faut maintenant assurer. C’est moins solennel qu’une première pierre, mais souvent plus utile.