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À Montfermeil, les repas de crèche se jouent aussi au marché public

La Ville cherche un prestataire pour fournir les repas des crèches, avec un contrat pouvant atteindre 2 millions d’euros sur quatre ans.

Repas de crèche à Montfermeil

Pour les enfants, le marché public ressemble rarement à un dossier administratif. Il arrive plutôt sous forme d’assiette, de compote, de morceau de pain ou de pique-nique glissé dans une sortie de crèche.

À Montfermeil, la commune cherche un prestataire pour fournir les repas de la petite enfance: déjeuners, goûters et pique-niques servis dans les restaurants des crèches municipales. L’avis publié au Bulletin officiel des annonces des marchés publics fixe un cadre assez large: un accord-cadre sans montant minimum, mais avec un plafond de 2 millions d’euros hors taxes sur toute sa durée.

Le contrat doit démarrer le 25 août 2026. Il est prévu pour deux ans, avec deux reconductions possibles d’un an. Autrement dit, le choix qui sera fait cet été peut organiser jusqu’à quatre années de repas pour les tout-petits accueillis dans les structures municipales.

Ce n’est pas une cantine scolaire en modèle réduit. À cet âge, le repas doit suivre des rythmes plus fins: textures, allergies, appétits variables, sécurité sanitaire, conservation, livraison, service par les équipes. Un goûter n’est pas un détail de fin d’après-midi. Pour un enfant accueilli toute la journée, il fait partie du service rendu.

L’avis ne donne pas encore le contenu des menus, ni la part éventuelle de produits bio ou labellisés. Il précise en revanche comment les offres seront jugées: 50 % pour la valeur technique, 40 % pour le prix, 10 % pour la restauration durable. La commune ne choisira donc pas seulement un tarif. Elle devra aussi regarder l’organisation proposée, la fiabilité du service et la manière dont le prestataire répond aux exigences du quotidien.

À Montfermeil, ville de 28 257 habitants où l’Insee a compté 438 naissances domiciliées en 2024, ce type de contrat parle à un public plus large que les seuls services municipaux. Les familles ne voient pas le marché public. Elles voient si le repas arrive, si leur enfant mange, si les régimes particuliers sont compris, si les sorties sont prévues sans improvisation.

Les entreprises candidates ont jusqu’au 15 juin 2026 à 17 heures pour déposer leur offre. Une visite des sites est prévue le 2 juin au matin. Ce détail a son importance: avant de promettre des repas à des crèches, il faut voir les lieux, les circuits, les horaires et les contraintes pratiques qui ne se voient pas toujours dans un dossier.

Le sujet tient dans cette discrétion. Un contrat de restauration collective ne fera pas lever les foules sur la place Jean-Mermoz. Mais pendant plusieurs années, il peut décider d’une chose très concrète: ce qui arrive chaque jour sur la table des enfants, entre le déjeuner, le goûter et le pique-nique qu’il ne faut pas oublier.