Au 25 boulevard Jean-Jaurès, le cimetière communal de Saint-Ouen-sur-Seine n’est pas relégué en bord de ville. Ouvert depuis 1850, il se trouve dans une commune dense, où la pression sur l’espace ne s’arrête pas aux portes du cimetière.
La Ville vient d’y prévoir un aménagement discret: un marché public publié le 12 mai 2026 porte sur la fourniture et l’installation de columbariums végétalisés. Il s’agit d’espaces destinés à accueillir des urnes funéraires, avec une place donnée aux plantations.
Le marché est modeste. Il dit pourtant quelque chose de très concret sur Saint-Ouen. L’Insee comptait 53 041 habitants dans la commune en 2022, sur 4,3 km², soit plus de 12 000 habitants au km². Dans une telle ville, le foncier manque aussi au cimetière.
Cette contrainte n’est pas nouvelle. En 2022, le magazine municipal expliquait déjà qu’une procédure de reprise de concessions abandonnées était engagée, notamment pour continuer à accueillir des Audoniennes et des Audoniens souhaitant réserver une place au cimetière communal. Les columbariums végétalisés s’inscrivent dans ce même décor: créer de nouvelles places, sans réduire le cimetière à une question de capacité.
Ils répondent aussi à l’évolution des pratiques funéraires. Depuis la loi de 2008, les communes de plus de 2 000 habitants doivent disposer d’un site cinéraire, avec un espace de dispersion des cendres et un columbarium ou des emplacements pour les urnes. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie indiquait en 2024 que la crémation représentait 42 % des décès en France en 2022, contre 28 % en 2009. Les communes doivent donc faire une place plus visible aux urnes, à côté des sépultures classiques.
Le détail intéressant tient dans un mot du marché: végétalisés. Il ne s’agit pas de transformer le cimetière en jardin, ni de décorer un sujet sensible à coups de plantes. Mais dans des cimetières urbains souvent très minéraux, la présence du végétal peut changer l’usage d’un équipement funéraire: des parois moins minérales, des plantations suivies, un espace cinéraire mieux intégré aux allées et au recueillement.
La précision compte aussi parce qu’il existe plusieurs cimetières à Saint-Ouen. Le cimetière parisien de Saint-Ouen, géré par la Ville de Paris et distinct du cimetière communal audonien, dispose déjà d’un columbarium végétalisé. Le marché lancé par Saint-Ouen-sur-Seine concerne bien, lui, le cimetière communal.
Reste maintenant l’essentiel: où ces columbariums seront posés, combien de cases seront créées, quelles plantations seront retenues et comment elles seront entretenues. Un columbarium végétalisé mal suivi se verrait vite. Bien conçu, il peut simplement ajouter des places sans durcir le lieu. Dans un cimetière de ville dense, c’est déjà une amélioration concrète.