Au 8 avenue du Maréchal-Juin, dans le secteur du Moulin-Neuf, Aulnay-sous-Bois n’attend pas seulement un commissariat plus moderne. Le futur bâtiment doit aussi accueillir la Compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis, la CSI 93, une unité appelée à intervenir au-delà de la commune.
Le dernier avis publié autour du marché de travaux ne change pas le fond du projet. Il décale surtout la date limite de remise des offres au 3 juin 2026. Mais il confirme que le dossier avance désormais dans sa partie la plus matérielle: les entreprises, les lots, les délais, le chantier.
Le programme prévoit une construction de quatre niveaux au-dessus du sol, avec un sous-sol, sur une parcelle enclavée dans le complexe sportif du Moulin-Neuf. Les travaux sont divisés en trois grands lots, du gros œuvre aux équipements techniques. Leur durée estimée est de dix-huit mois.
Pour Aulnay, l’enjeu est d’abord très quotidien. L’actuel commissariat, rue Louis-Barrault, doit être remplacé par des locaux jugés vétustes et inadaptés. Le nouveau site doit améliorer l’accueil du public, les espaces de travail et l’organisation des services. La Région Île-de-France, qui a voté une aide en 2025, évoque un équipement destiné à regrouper le commissariat et la première CSI 93, pour 323 fonctionnaires.
C’est cette cohabitation qui donne au projet une portée particulière. Un commissariat reçoit les habitants, les plaintes, les urgences, les situations parfois très ordinaires et parfois très sensibles. Une compagnie de sécurisation et d’intervention fonctionne autrement: elle appuie les services de police, se déplace et agit à l’échelle du département.
À cette adresse, Aulnay ne logera donc pas seulement son commissariat. Une partie de l’outil policier départemental y prendra aussi place, dans le nord-est du département, entre Aulnay, Sevran, Villepinte, Le Blanc-Mesnil et Tremblay-en-France. Le même site devra recevoir du public et héberger une unité pensée pour intervenir ailleurs dans le département.
Le projet avait déjà franchi une étape au printemps, lorsque la construction du commissariat était passée dans la consultation des entreprises. Le rectificatif de mai ne mérite donc pas d’être lu comme une nouvelle annonce politique. Il dit plutôt où en est le chantier: les offres sont encore attendues, et le calendrier se précise.
Un bâtiment neuf ne promet pas, à lui seul, de résoudre les questions de sécurité, d’effectifs ou de confiance entre police et habitants. Mais il peut changer des choses très concrètes: l’accueil, les circulations, les bureaux, les accès, le stationnement, les départs en intervention. Dans une ville de près de 90 000 habitants, ce n’est pas un détail. La sécurité publique commence aussi par des lieux où l’on peut travailler correctement et recevoir le public dans de bonnes conditions.