Dans une salle de classe, il suffit parfois d’une baie vitrée mal protégée pour que tout se dérègle. Le tableau devient moins lisible, le vidéoprojecteur perd son contraste, les élèves cherchent l’ombre au lieu de suivre le cours. Quand la chaleur monte, le problème n’est plus seulement une affaire de confort: il touche directement la concentration.
Dans six collèges de Seine-Saint-Denis, le Département engage des travaux pour répondre à ce problème très matériel. Un avis publié le 4 mai attribue deux marchés d’occultation pour équiper les collèges Colonel Fabien à Saint-Denis, Politzer à Montreuil, Brossolette à Bondy, Victor Hugo à Noisy-le-Grand, Pablo Neruda à Gagny et Robert Doisneau à Clichy-sous-Bois.
Les travaux prévus ne relèvent pas de la grande rénovation visible depuis la rue. Il s’agit de poser des volets roulants solaires ou manuels, des stores et des films réfléchissants. Deux lots ont été attribués: le premier, pour Saint-Denis, Montreuil et Bondy, à Roussel-Centre Stores Fermetures, pour 195 848,05 euros hors taxes; le second, pour Noisy-le-Grand, Gagny et Clichy-sous-Bois, à Pro Tech System, entreprise installée à Aulnay-sous-Bois, pour 235 329 euros hors taxes. Au total, un peu plus de 431 000 euros hors taxes pour rendre des salles plus utilisables.
Ces protections sont moins visibles qu’une cour végétalisée. Elles agissent pourtant dans l’endroit le plus décisif: la salle où l’on passe l’heure de cours. Les guides spécialisés sur la rénovation des écoles rappellent que stores, volets, brise-soleil et films réfléchissants limitent l’entrée du rayonnement solaire par les vitrages. Les dispositifs extérieurs sont généralement les plus efficaces, mais les solutions intérieures ou les films peuvent aussi répondre à des contraintes de bâtiment, d’usage ou de façade.
En Seine-Saint-Denis, cette petite couche de travaux s’inscrit dans un parc scolaire très sollicité. Le Département indique investir 1 milliard d’euros entre 2021 et 2030 dans son plan Éco-collèges, pour construire et rénover les collèges publics. Il rappelle aussi que 79 000 collégiens fréquentent 131 collèges départementaux. À cette échelle, l’adaptation passe aussi par des menuiseries, des stores, des vitrages, des films, des réglages et des calendriers de travaux capables de composer avec la vie scolaire.
Le calendrier annoncé pour ces marchés est de quinze semaines à compter de l’ordre de service de démarrage, dont huit semaines de préparation. Cela ne dit pas encore dans quelle salle, à quelle date, les élèves verront la différence. Mais l’enjeu est clair: garder la lumière sans subir l’éblouissement, protéger de la chaleur sans enfermer les classes, améliorer le confort sans faire exploser les consommations.
L’État a inscrit le confort d’été des écoles, collèges et lycées parmi les sujets de continuité de l’enseignement face au réchauffement climatique. Le ministère de l’Éducation nationale souligne de son côté qu’une ambiance thermique inadaptée peut être plus inconfortable pour les enfants que pour les adultes, et que les performances scolaires baissent quand la température des classes augmente trop.
Dans les collèges du 93, l’ombre devient donc un équipement scolaire discret. Quand elle est bien posée, on ne la remarque presque pas. On remarque seulement que le tableau reste lisible, que la salle tient mieux l’après-midi et que le cours peut continuer.