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À Paris 8, le confort des salles se joue aussi dans les contrats de maintenance

Paris 8 cherche une assistance technique pour suivre chauffage, ventilation et climatisation sur ses sites de Seine-Saint-Denis.

Illustration - Campus universitaire et ventilation technique

Sur un campus, un chauffage mal réglé ne fait pas forcément du bruit. Il se remarque autrement: des manteaux gardés en amphithéâtre, une fenêtre ouverte pour retrouver de l’air, une salle trop chaude au mauvais moment, un bureau où l’on finit par s’habituer à l’inconfort.

À l’Université Paris 8, cette part matérielle de la vie universitaire vient d’apparaître dans un marché public. L’établissement cherche une assistance à maîtrise d’ouvrage pour suivre l’exploitation et la maintenance de ses installations de chauffage, ventilation et climatisation. Les offres sont attendues jusqu’au 1er juin 2026 à midi.

Le marché couvre trois ensembles: le site principal de Saint-Denis, avec le site CITIES à Aubervilliers; l’IUT de Montreuil; puis l’IUT de Tremblay-en-France. Chaque lot est prévu pour douze mois, avec quatre reconductions possibles. L’université ne cherche donc pas seulement un avis ponctuel, mais un suivi régulier de ses installations.

Le dossier peut sembler réservé aux bureaux d’études. Il concerne pourtant un établissement qui compte plus de 21 000 inscrits, plus de 1 700 personnels enseignants et administratifs, et environ 90 000 m² de patrimoine bâti, dont 72 000 m² sur le site principal de Saint-Denis. À cette échelle, le chauffage et la ventilation ne sont pas des détails techniques. Ils touchent aux conditions de cours, au travail des personnels, à l’accueil du public et à la manière dont l’argent public est dépensé.

Paris 8 a déjà posé des règles concrètes dans son plan de sobriété énergétique. Le site de Saint-Denis utilise le réseau de chaleur urbain; Montreuil et Tremblay sont chauffés au gaz. L’université y indiquait aussi des consignes précises: 19°C en journée, 16°C la nuit ou le week-end, mise hors gel pendant certaines fermetures, avec vérification des réglages par le prestataire.

C’est là que l’assistance technique prend son sens. Acheter de l’énergie, entretenir des équipements, programmer des températures, contrôler une ventilation: tout cela forme une chaîne assez discrète tant qu’elle fonctionne. Quand elle se dérègle, les conséquences deviennent immédiatement visibles dans les salles. Le rôle de l’assistant sera justement d’aider l’université à suivre le contrat, vérifier les prestations, signaler les écarts, corriger ce qui doit l’être.

L’avis donne aussi une indication sur ce que Paris 8 veut privilégier. Dans l’analyse des offres, la valeur technique compte pour 50 % de la note, le prix pour 40 %, les performances environnementales pour 10 %. Le moins cher ne suffira donc pas forcément. Pour un marché de ce type, c’est une façon de rappeler que la qualité du suivi pèse presque autant que le coût affiché.

La ventilation mérite d’être regardée de près. Depuis la crise sanitaire, l’air des salles n’est plus un détail invisible. Les bâtiments doivent être chauffés sans gaspillage, mais aussi ventilés correctement. L’Ademe, le Cerema et l’IFPEB rappellent que qualité de l’air intérieur et efficacité énergétique peuvent avancer ensemble, à condition de travailler sur les usages, les réseaux d’air, la filtration et le pilotage.

Paris 8 n’en est pas à son premier chantier sur ce terrain. Le bâtiment C du campus de Saint-Denis a fait l’objet d’une rénovation énergétique livrée en 2024, avec intervention sur l’enveloppe, ventilation double flux, régulation et pilotage technique. L’université a aussi engagé des actions sur les régulations de plusieurs bâtiments du campus, de la bibliothèque universitaire et du site de Montreuil.

Le nouveau marché est moins visible qu’une rénovation de façade ou qu’un chantier de bâtiment. C’est précisément son intérêt. Les grandes opérations se voient. L’exploitation quotidienne, elle, se juge dans les réglages, les contrôles, les alertes traitées à temps et les pannes évitées.

Pour les bureaux d’études spécialisés, l’appel d’offres ouvre une opportunité. Pour les étudiants et les personnels, le résultat se mesurera plus simplement: des salles tenables en hiver comme aux premiers beaux jours, une ventilation qui fait son travail, des consommations suivies, des contrats réellement suivis. Sur un campus public, c’est déjà beaucoup.