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À Bobigny, le complexe Édouard-Vaillant entre dans la phase des choix

Bobigny lance la programmation de la réhabilitation du complexe Édouard-Vaillant, futur équipement socioculturel du quartier Abreuvoir.

Illustration - Complexe public en rénovation

Au 35 rue de Vienne, le complexe Édouard-Vaillant se repère d’abord par ce qu’on y fait. La salle Max-Jacob accueille des rendez-vous associatifs, culturels ou jeunesse. Le site est aussi lié à un service très concret du quartier: le bureau de poste Édouard-Vaillant, incendié en juin 2023, dont la réouverture a été préparée par la Ville et La Poste dans ce même ensemble municipal.

C’est ce lieu que Bobigny commence maintenant à préparer pour une réhabilitation. La Ville a publié le 30 avril un marché de programmation architecturale pour la réhabilitation du complexe Édouard-Vaillant. Ce n’est pas encore un chantier. C’est l’étape d’avant, celle où l’on précise ce que le bâtiment doit devenir, quels usages il doit accueillir, quelles contraintes techniques devront être traitées et quel ordre de priorité donner aux besoins.

Le marché donne déjà quelques indices. Les équipes candidates doivent réunir des compétences en programmation, économie de la construction, ingénierie thermique et qualité environnementale. Une visite obligatoire du bâtiment est prévue le 13 mai, avant une remise des offres attendue fin mai. La réhabilitation ne se résume donc pas à un rafraîchissement visible depuis la rue: elle doit passer par des choix sur le confort, l’accessibilité, la performance énergétique, l’organisation des espaces et la place donnée aux utilisateurs.

Ces choix sont importants parce que le complexe n’est pas isolé. Il s’inscrit dans le renouvellement du quartier Édouard-Vaillant-Abreuvoir, qui prévoit notamment la réhabilitation de plus de 1 000 logements sociaux, l’ouverture au public du parc de quatre hectares, de nouveaux logements et des rez-de-chaussée plus actifs. Dans ce contexte, le futur équipement socioculturel annoncé autour d’Édouard-Vaillant doit servir autre chose qu’un plan d’aménagement: il doit rester lisible et utile pour les habitants, les associations et les services de proximité.

Les diagnostics menés depuis 2017 pointaient déjà ce besoin. Les habitants identifiaient des équipements existants, mais demandaient qu’ils soient plus visibles, mieux adaptés et plus faciles à utiliser. Le complexe Édouard-Vaillant et la salle Max-Jacob faisaient partie des lieux où des travaux étaient jugés nécessaires. Les petites associations, elles, se heurtaient à des difficultés très ordinaires mais décisives: trouver une salle, obtenir un créneau, faire vivre une activité sans se perdre dans les contraintes de planning et d’accès.

La phase qui s’ouvre dira donc beaucoup du projet réel. Un programme architectural peut paraître technique. En pratique, il fixe souvent les questions les plus simples: combien de salles, pour quels publics, avec quels horaires possibles, quel niveau de confort en été, quelle accessibilité, quelle cohabitation entre un service comme La Poste, des activités associatives et un usage socioculturel plus large.

À Édouard-Vaillant, rien n’est encore réglé. L’étape ouverte par Bobigny est plus modeste et plus utile: définir précisément ce qu’elle veut réparer, transformer et rendre possible dans un équipement de quartier. C’est à ce niveau-là que la réhabilitation pourra être jugée.