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À Sevran, Mandela Gare entre en phase de démolition

Grand Paris Aménagement lance à Sevran une consultation pour désamianter et déconstruire le parking et l’ancien cinéma de la Zac Mandela Gare.

Illustration - démolition de Mandela Gare à Sevran

À Sevran, le projet Mandela Gare commence par retirer ce qui bloque. Grand Paris Aménagement cherche une entreprise pour désamianter, vider puis déconstruire le parking d’intérêt régional Est et l’ancien cinéma municipal des 39 Marches, près de la gare Sevran-Beaudottes. La consultation court jusqu’au 13 mai 2026.

Ce n’est pas encore le futur quartier. C’est l’étape d’avant, souvent moins visible mais décisive: enlever l’amiante, curer les bâtiments, organiser les déchets, préparer la démolition. À partir de là, la transformation cesse d’être une promesse sur plan. Elle touche le stationnement, les accès, les nuisances de chantier et les habitudes quotidiennes des usagers.

Le secteur concentre beaucoup d’enjeux dans peu d’espace: la gare du RER B, la future ligne 16 du Grand Paris Express, le centre commercial Beau Sevran, la halle Mandela, un grand parking en superstructure, l’ancien cinéma, des logements et plusieurs espaces publics à requalifier. La zone d’aménagement concerté couvre environ sept hectares. Son objectif est clair: transformer un quartier pensé autour de la dalle, de la voiture et de cheminements peu lisibles en vrai morceau de ville autour de la gare.

Le changement le plus concret concerne la mobilité. Le parking existant compte 560 places. Les documents du projet prévoient, à terme, une offre bien plus réduite pour les voitures, autour de 150 à 190 places près du pôle gare, mais aussi 20 quais de bus, 1 365 places vélo et 20 places Vélib’. Le message est net: Sevran-Beaudottes doit devenir moins un lieu où l’on vient poser sa voiture qu’un point de passage entre train, métro, bus, vélo et marche.

C’est cohérent avec la logique du Grand Paris Express, mais ce sera jugé très concrètement. Pendant les travaux, les riverains et usagers auront besoin de savoir où se garer, par où passer, comment accéder à la gare et quels itinéraires seront maintenus. Une gare plus ouverte demain ne compensera pas un chantier mal expliqué aujourd’hui.

L’autre sujet est moins spectaculaire, mais tout aussi important: la déconstruction. Un chantier avec désamiantage ne se résume pas à une pelleteuse. Il impose des entreprises qualifiées, des protections, des contrôles, une gestion stricte des déchets et une information claire sur les nuisances. Dans un secteur habité et fréquenté, la poussière, le bruit, les circulations de camions et la sécurité des cheminements compteront autant que le calendrier officiel.

La ligne 16 doit rejoindre Sevran-Beaudottes dans la seconde phase de mise en service, attendue jusqu’à Noisy-Champs en 2028. Le quartier ne changera donc pas d’un bloc. Il va avancer par séquences: démolition, libération du foncier, nouveaux espaces publics, adaptation des accès, arrivée du métro, recomposition des usages.

Le marché de déconstruction ne dit pas encore si le futur quartier sera réussi. Il ne garantit ni des commerces vivants, ni des parcours agréables, ni une amélioration nette du quotidien. Mais il marque un basculement. À Mandela Gare, on ne parle plus seulement de transformation urbaine: les premiers obstacles commencent à tomber.