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À Bondy, la pépithèque Mariama Bâ essaie de recoller les morceaux

À Bondy, la pépithèque Mariama Bâ réunit bibliothèque, aide à l’emploi et pépinière d’entreprises dans un même lieu de quartier.

Illustration - lieu hybride de quartier

À Bondy, la pépithèque Mariama Bâ part d’une idée simple: arrêter de traiter séparément des besoins qui se croisent tous les jours. Le lieu, ouvert fin janvier au 28 avenue Henri-Varagnat, réunit dans un ancien site MGEN réhabilité une bibliothèque de quartier et une pépinière d’entreprises. Sur plus de 2 000 m², on y trouve 17 bureaux, 6 postes de coworking, des salles de réunion et 5 bureaux de permanences pour l’aide à l’activité et à l’insertion. On peut y lire, chercher un emploi, préparer un CV, tester un projet ou travailler son entreprise au même endroit.

Ce n’est pas qu’un bel objet public. Au nord de Bondy, l’offre de lecture publique était jugée insuffisante et le quartier de la Noue Caillet cumule des coupures urbaines et des services dispersés. La bibliothèque vise donc aussi les familles, les jeunes, les personnes en recherche d’emploi et les habitants qui maîtrisent mal le français. Côté économique, Est Ensemble met en avant une autre réalité très concrète: dans ce secteur, beaucoup de créations d’activité relèvent de très petites structures ou d’indépendants qui n’ont ni réseau, ni locaux adaptés, ni point d’entrée clair dans les dispositifs d’accompagnement. La pépithèque essaie justement de rendre ces parcours moins fragmentés.

Le lieu s’inscrit dans un mouvement plus large, mais avec une réponse très locale. La France compte plus de 15 500 bibliothèques, premier équipement culturel de proximité du pays. En parallèle, l’État a soutenu 407 “Fabriques de territoire”, des lieux censés mêler services de proximité et activité économique dans des territoires fragiles. Bondy pousse cette logique un cran plus loin en collant ensemble lecture publique, accompagnement vers l’emploi et entrepreneuriat. La promesse est ambitieuse, mais au moins elle est testable: fréquentation du lieu, accompagnements réellement utilisés, entreprises qui tiennent, habitants qui reviennent.

L’autre enjeu est urbain et budgétaire. La pépithèque représente 11,7 millions d’euros hors taxes et constitue le premier jalon du renouvellement de la Noue-Caillet jusqu’en 2034. Le projet a été financé par plusieurs soutiens publics et conçu en réhabilitant le bâtiment existant, avec récupération de l’eau de pluie, panneaux photovoltaïques et réemploi de matériaux. Là encore, l’intérêt n’est pas dans le vocabulaire. Il est plus simple: dans un quartier où l’on manque à la fois de lieux utiles, de services visibles et de points d’appui économiques, un équipement qui sert vraiment peut peser plus qu’un équipement spectaculaire.