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Dans la métropole rouennaise, de deux à 32 mini-maisons pour sortir de la rue

À Rouen, un terrain municipal accueillera trois mini-maisons. Dans la métropole, 32 sont déjà installées grâce à un programme associant fabrication locale et insertion.

Illustration - Trois petites maisons en bois

Au 8, rue de Lisbonne, à Rouen, un espace vert municipal de 576 m² doit accueillir trois petites maisons en bois pour des familles en difficulté sociale. Le conseil municipal a autorisé la mise à disposition gratuite du terrain le 8 octobre. Le programme avait commencé avec deux maisons en 2020. Il en compte désormais 32 installées dans la métropole rouennaise.

Les deux premières habitations venaient de Bretagne. Installées en mars 2020 près de la résidence Bonvoisin, elles attendaient leurs occupants, qui participaient à l’aménagement intérieur avec une association de Darnétal, Au fil du bois. Six ans plus tard, les maisons sont fabriquées à Rouen, la métropole a adapté certaines règles d’urbanisme et plusieurs propriétaires publics ou privés mettent des terrains à disposition.

Des maisons construites par des personnes elles-mêmes en insertion

Rue de Bapeaume, La Fabrik à Yoops produit désormais ces petites habitations en série, en employant notamment des personnes éloignées du marché du travail.

Ossature et bardage en bois, isolation en textile recyclé et en fibres de bois : les maisons conçues avec l’agence rouennaise Archikraft disposent d’une pièce de vie, d’une cuisine et d’une salle d’eau. Un modèle développé par l’entreprise mesure 15 m².

Le programme « Un Toit Vers l’Emploi », fondé par Franck Renaudin, associe cette fabrication à un accompagnement social. Les maisons peuvent appartenir à des particuliers, des entreprises ou des organismes publics. Leur propriétaire les loue à une association, qui les sous-loue aux occupants et les accompagne dans leurs démarches.

À Rouen, ce rôle revient à La Case Départ. Les habitants paient un loyer modéré et disposent d’un logement indépendant, sans devoir attendre d’avoir retrouvé un emploi.

En 2023, Le Média Social avait rencontré Christian, prénom modifié, dans sa mini-maison du quartier de la Luciline. Après des années passées dans une cabane en forêt, il vivait dans 15 m² avec ses deux chats, un canapé rouge et un jardinet où il espérait cultiver des légumes. Il avait également repris temporairement une activité dans un chantier d’insertion.

Ce parcours ne garantit pas celui de tous les occupants. Il montre cependant ce que peut représenter une maison minuscule pour quelqu’un qui n’avait plus d’espace à lui.

Le terrain, cette autre pièce indispensable

Fabriquer des maisons ne suffit pas. Il faut trouver où les installer, raccorder l’eau et l’électricité, obtenir des autorisations et garantir une certaine stabilité aux habitants.

Des collectivités, entreprises et propriétaires privés ont accepté de prêter des parcelles, parfois en attente d’un autre projet. La mobilité des habitations permet de les récupérer ultérieurement.

Le 31 mars 2025, la Métropole Rouen Normandie a également approuvé une modification de son plan local d’urbanisme pour autoriser explicitement les résidences démontables utilisées comme habitation permanente dans plusieurs secteurs, notamment la ZAC Luciline et les Quartiers Ouest.

Chaque nouvelle installation nécessite néanmoins ses propres autorisations. Rue de Lisbonne, les demandes de permis d’aménager et de construire ont reçu des accords tacites en juin 2026.

En avril, la Ville avait déjà autorisé trois maisons sur un espace vert de la rue des Hallettes, pour dix ans. Rue de Lisbonne, la convention prévoit trois ans, renouvelables une fois. La Case Départ ne paiera pas le terrain, mais prendra en charge les consommations de fluides, les taxes et les frais d’assainissement.

Selon les responsables du programme, les occupants peuvent rester dans leur maison sans limite de durée. Pourtant, certaines parcelles ne sont disponibles que temporairement. Si elles doivent être libérées, il faudra trouver de nouveaux emplacements pour préserver la stabilité des habitants.

Selon le bilan publié le 15 octobre par Rouen Normandy Invest, 32 mini-maisons sont déjà installées dans la métropole et 13 autres sont attendues d’ici décembre, pour atteindre 45 logements. Ce chiffre décrit la progression du parc, sans mesurer à lui seul les sorties durables de la précarité.

Rue de Lisbonne, les autorisations sont obtenues. Il reste à poser les trois maisons sur le terrain, puis à y accueillir les familles auxquelles elles sont destinées.

Sources consultées
  1. Ville de RouenDélibération 3-15 du conseil municipal du 8 octobre 2026, terrain du 8 rue de Lisbonne
  2. Ville de RouenUn toit vers l'emploi
  3. Rouen Normandy InvestRouen, pionnière de la solidarité : 45 mini-maisons pour sortir de la rue
  4. La Fabrik à YoopsLa Yoop, comment ça marche ?
  5. Le Média SocialDes tiny houses pour stabiliser les personnes sans abri
  6. Métropole Rouen NormandieModification n° 8 du PLUi, notice explicative